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Bulletin Quotidien Europe N° 12790
POLITIQUES SECTORIELLES / Interview agriculture

« Ne pas voter cette PAC réformée, c’est prendre le risque de garder l'actuelle qui est très décriée », souligne l'eurodéputé Jérémy Decerle

« Ne pas voter cette PAC réformée, c’est prendre le risque de garder l'actuelle PAC, qui est très décriée », a souligné, mardi 14 septembre, l'eurodéputé Jérémy Decerle (Renew Europe, français), lors d’un entretien accordé à EUROPE. Il a par ailleurs salué les annonces récentes du président français, Emmanuel Macron, sur la hausse de 280 à 600 millions d’euros par an (fonds européens et nationaux) de l'enveloppe consacrée au système national de gestion des risques climatiques (propos recueillis par Lionel Changeur).

Agence Europe - Pourquoi se réjouir de l’enveloppe de 600 millions d’euros promise par M. Macron au titre du système national d’assurance récolte, en lien avec la nouvelle PAC ?
Jérémy Decerle - Il convient de se féliciter des annonces du président français visant à améliorer le dispositif de gestion des risques. Il s’agit d’une enveloppe nationale de solidarité, ce qui est bien, car les agriculteurs ne peuvent pas, seuls, en ce moment, assumer le financement du dispositif. La situation n'est pas tenable non plus pour les assureurs seuls, en raison notamment des trois années consécutives d’aléas climatiques dans certaines régions. L’État a frappé un grand coup avec cette annonce.
Ce n’est pas tout. Je salue les avancées en matière de soutien au renouvellement générationnel et en ce qui concerne les garanties données pour que l’aide de l’UE en faveur de l’installation des jeunes soit utilisée efficacement. Des annonces ont été faites aussi sur la réduction des produits phytosanitaires. Il n’y aura pas d’interdiction sans solution (sans produit de remplacement : NDLR) et la recherche est importante pour trouver des solutions.
Comprenez-vous les inquiétudes des organisations agricoles de l’UE après le vote dans les commissions du PE sur la stratégie européenne 'de la ferme à la table' ?
J’ai voté en faveur des amendements de compromis sur cette stratégie, car cela doit nous permettre d’avancer. Mais quand il faudra, plus tard, prendre des décisions législatives, je pense que j’aurais besoin de davantage de certitude sur l’impact de la stratégie sur la souveraineté alimentaire. La Commission et les États membres devraient fournir des données, car, à ce stade, on parle de baisse de la production et des intrants, mais pas d’une hausse des revenus des agriculteurs.
Il faut aussi accompagner financièrement les agriculteurs européens qui captent du carbone.
Comment expliquer le vote disparate des eurodéputés sur la réforme de la PAC ?
Ne pas voter cette PAC réformée c’est prendre le risque de garder la PAC actuelle, qui est fortement décriée. Or, la PAC réformée apporte des améliorations. Ne pas la voter s’apparente à de l’irrespect à l’égard des agriculteurs. De plus, ce n’est pas très logique de voter un texte sur la PAC et pas l’autre, comme l'ont fait des eurodéputés.

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