Le Représentant spécial de l'Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, Miroslav Lajčák, a fait état de « progrès très limités » dans les discussions qui se sont tenues lundi 19 juillet entre le président serbe, Aleksandar Vučić, et le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti.
« La réunion a été difficile et a démontré les approches très différentes des deux parties dans la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie », a-t-il déclaré à l'issue de la rencontre que le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, et lui-même ont présidée. La seule avancée qu'il a mentionnée concerne l'engagement des leaders serbe et kosovar à poursuivre, « sur une base mensuelle », le dialogue facilité par l'UE et à se rencontrer à nouveau en septembre.
Ont figuré parmi les sujets abordés les efforts visant à identifier les personnes disparues lors de la guerre du Kosovo de 1998-1999 ainsi que l'engagement des parties à s'abstenir de toute initiative pouvant déstabiliser la situation sur le terrain.
M. Vučić a fustigé la requête kosovare de considérer la Serbie comme responsable de plusieurs génocides à l'égard des Albanais du Kosovo, selon le site Balkan Insight. M. Kurti a critiqué le refus des Serbes de lever les barrières au commerce imposées au Kosovo.
« Pour nous, l'Union européenne, il est important de souligner que l'avenir européen de la Serbie et du Kosovo dépend de la normalisation de leurs relations », a souligné M. Lajčák.
Avant la réunion de mardi, M. Borrell avait exhorté les deux parties à « refermer le chapitre de leur passé douloureux par le biais d'un accord juridiquement contraignant » visant à normaliser leurs relations.
Fin juin, une première rencontre entre MM. Vučić et Kurti avait déjà été difficile (EUROPE 12741/5). (Mathieu Bion)