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Bulletin Quotidien Europe N° 12718
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POLITIQUES SECTORIELLES / MarchÉ intÉrieur/industrie

Stratégie industrielle de l'UE, les eurodéputés s’interrogent sur la feuille de route de la Commission

De nombreux eurodéputés de la commission à l’Industrie, à la Recherche et à l’Énergie (ITRE) se sont interrogés sur la voie à suivre pour atteindre les objectifs d’autonomie et de verdissement de l’économie européenne, lors d’un premier échange sur la mise à jour de la stratégie industrielle avec le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, lundi 10 mai.

Les eurodéputés ont tous salué les analyses microéconomiques des écosystèmes réalisées par la Commission européenne (EUROPE 12713/6), même si plusieurs d'entre eux, comme Christian Ehler (PPE, allemand), ont regretté que les analyses de la dépendance de l'UE vis-à-vis de pays tiers n’ont porté que sur six secteurs. D’autres ont regretté qu’il n’y ait pas de feuille de route planifiant la transition de façon détaillée, à l’instar de Grzegorz Tobiszowsk (CRE, polonais).

Sur le front des critiques formulées, le coordinateur du groupe Renew Europe, le Français Christophe Grudler, a certes salué le travail de la Commission, mais il a insisté pour que l’Union européenne encourage l’achat de produits européens. Au nom du groupe Verts/ALE, l'Allemande Henrike Hahn a pointé un manque d’ambition pour atteindre la neutralité climatique.

Damien Carême (Verts/ALE, français), s’appuyant sur l’étude réalisée par les Amis de la Terre (EUROPE 12712/26), a fait part de ses craintes quant au recours à des alliances industrielles thématisées. Pour lui, une telle approche est une aubaine pour les lobbys et disperse les forces industrielles en silos au lieu de les unir face aux enjeux climatiques.

Le commissaire a rappelé aux eurodéputés que c’était les entreprises et non la Commission européenne qui fixaient la feuille de route, rappelant que l’Union européenne n’était pas une économie « planifiée ». Il a indiqué que d'autres études allaient être poursuivies dans l'année sur les dépendances.

Sur les ressources financières, M. Breton a rappelé la capacité d’investissement mobilisée dans le cadre du Plan de relance européen Next Generation EU et de l’instrument financier InvestEU, notamment. Répondant à M. Grudler, il a précisé que l’UE ne voulait pas utiliser les mêmes outils que les États-Unis, qui ont mis en place un 'Buy American Act'. Pour autant, il a ajouté que les commandes publiques seront, dans certains domaines, soumises à des conditions très strictes, notamment sur les subventions étrangères, qui orienteront de facto vers une préférence européenne.

Répondant aux critiques des Verts, le commissaire a rétorqué que la question du verdissement était partout en filigrane dans la stratégie industrielle, avant d’insister sur le fait que les alliances industrielles constituaient des forums de discussions ouverts aux ONG et aux partenaires sociaux.

Marc Botenga (La Gauche, belge) a interpellé le commissaire sur la stratégie vaccinale de l'UE et notamment l’ambiguïté de sa position quant à la levée des brevets sur les vaccins anti-Covid-19 (EUROPE 12716/2).

M. Breton a indiqué que sa position n’avait guère changé : il faut d’abord s’assurer d’avoir une visibilité claire sur la production des vaccins avant de procéder à un transfert des propriétés. La production de vaccins étant sécurisée à présent en Europe, il est temps de discuter de la levée des brevets, comme l'a proposé le président américain, Joe Biden, a-t-il ajouté (EUROPE 12716/2).

Aucune question n’a été posée sur l’instrument d’urgence pour le marché unique, pourtant considéré parmi les États membres comme une initiative d’importance dans le cadre de la mise à jour de la stratégie industrielle de l'UE. (Pascal Hansens)

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