Dans des conclusions adoptées lundi 10 mai (EUROPE 12717/5), les États membres ont mis en avant l’importance particulière du rôle du secteur spatial pour garantir la sécurité et la sûreté de l’Union européenne.
Ainsi, le Conseil reconnait (point 21) que l’espace, aux côtés du cyberespace et de la haute mer, fait partie des biens communs mondiaux (‘global commons’), avant de constater que ces biens communs font de plus en plus l’objet de « tentatives d’appropriations unilatérales », de « contrôles et de comportements conflictuels ». Et d’ajouter être déterminé à assurer « un accès européen sûr » à ces biens communs mondiaux.
Le Conseil réaffirme dans ce cadre l’importance « croissante » de l’espace pour l’autonomie de l’UE et souligne (point 24) la dimension sécuritaire du futur programme spatial de l’UE ainsi que le rôle du Haut Représentant, des États membres et de la Commission pour faire face aux menaces. Il appelle par conséquent à poursuivre les réflexions « stratégiques » sur l’espace et ses dimensions liées à la sécurité et à la défense, sans oublier pour autant la dimension civile du programme spatial.
Car l’espace gagne en importance dans la politique européenne, comme l’a montré la récente mise à jour de la stratégie industrielle avec l’annonce du lancement d'une éventuelle nouvelle alliance pour développer des lanceurs spatiaux (EUROPE 12713/6), toujours en vue d’assurer l’accès à l’espace de l’UE.
À ce titre, la Commission européenne a lancé un sondage à usage interne en février, vu par EUROPE, auprès des acteurs industriels du secteur spatial pour déterminer les spécificités techniques des futurs lanceurs européens après 2025. Une initiative qui aurait agacé quelque peu l’Agence spatiale européenne (ESA), qui voit d’un mauvais œil l’immixtion de la Commission européenne dans les questions techniques. (Pascal Hansens)