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Bulletin Quotidien Europe N° 12706
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Turquie

Les députés européens appellent à faire preuve de fermeté face à Ankara

Plusieurs députés européens ont appelé, lundi 26 avril, à faire preuve de fermeté envers la Turquie, lors d’un débat au Parlement européen sur le Conseil européen des 25 et 26 mars (EUROPE 12686/3) et sur la visite des présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen, Charles Michel, du 6 avril à Ankara (EUROPE 12692/1).

« Le vrai scandale est assez peu de savoir si on est assis sur un canapé ou un vrai fauteuil, mais les violations des droits de l’homme en Turquie, le recul de la démocratie, les actions inamicales contre des pays européens, le rôle déstabilisateur en Libye, en Syrie et dans le Caucase ou le chantage aux migrants. Je voudrais que l’Europe se demande un peu moins où elle doit s’asseoir, mais comment se tenir debout », a souligné Nathalie Loiseau (Renew Europe, française), faisant référence au ‘sofagate’.

« C’est toujours la même chose. La Turquie qui brandit le bâton, mais exige la carotte et une Europe qui tente le grand écart entre les principes et les intérêts économiques », a estimé le Chypriote Giorgios Georgiou (La Gauche), ajoutant qu’il y avait des limites aux concessions et à la souplesse de l’UE envers la Turquie.

Pour le président du groupe PPE, Manfred Weber, « il ne faut pas ouvrir de nouveau chapitre (avec la Turquie), mais renforcer la confiance ». Ce renforcement « est une précondition pour toute mesure supplémentaire », a-t-il estimé, ajoutant que la balle était dans le camp d’Ankara.

« Bien sûr, le Conseil peut profiter de l’Union douanière (avec la Turquie, qui pourrait faire l'objet d'une modernisation, NDLR), mais ce n’est pas une raison pour oublier les droits humains », a rappelé la coprésidente du groupe des Verts/ALE, Ska Keller (allemande), exhortant les dirigeants européens à réfléchir au message qu'ils voulaient adresser aux partisans des droits de l'homme en Turquie.

De même, pour la Belge Assita Kanko, au nom du groupe CRE, l’UE doit modifier son comportement face à la Turquie, « sinon elle ne nous respectera jamais ». « On va récompenser la Turquie avec la modernisation de l’union douanière, avec l’argent du contribuable, cela me fend le cœur », a-t-elle ajouté, dénonçant l'attitude turque.

Dans leurs discours introductifs, M. Michel et Mme von der Leyen ont souligné que le renforcement des relations avec la Turquie n’était pas sans condition. 

Le premier a rappelé que l' agenda « positif, mais progressif, proportionné et réversible » qui avait été proposé nécessitait des progrès dans les relations avec la Turquie, sur Chypre et concernant l’État de droit. « Une coopération étendue avec la Turquie est difficile à envisager, si des mesures négatives devaient continuer dans ces domaines », a-t-il prévenu. Pour la seconde, le respect des droits de femmes, l’apaisement en Méditerranée et l’acceptation des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme sont des conditions pour renforcer les relations économiques et engager une relation à haut niveau sur les questions régionales, de changement climatique ou de santé publique. « Dans ces conditions, il sera beaucoup plus facile de libérer de l’argent frais pour aider la Turquie à prendre en charge plus de quatre millions de réfugiés syriens », a-t-elle ajouté.

Selon M. Michel, depuis son entrée en fonction, le 1er décembre 2019, la Turquie a fait l'objet de discussions onze fois au Conseil européen, ce qui « montre le caractère sérieux et délicat de cette relation ». (Camille-Cerise Gessant)

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