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Bulletin Quotidien Europe N° 12697
ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

Les Occidentaux s’inquiètent du renforcement de troupes russes aux frontières

Les ministres des Affaires étrangères du G7 – Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada, Japon et États-Unis – et le Haut Représentant de l'UE ont fait part, lundi 12 avril dans la soirée, de leur profonde préoccupation concernant l’« important » renforcement en cours des forces militaires russes aux frontières de l’Ukraine et en Crimée, estimant que ces mouvements de troupes à grande échelle « sans notification préalable » représentaient des activités « menaçantes et déstabilisantes ». Il y aurait plus de 40 000 militaires.

Le G7 a donc appelé la Russie à cesser ses provocations et à désamorcer « immédiatement » les tensions conformément à ses obligations internationales. Il a en particulier demandé à Moscou de respecter les principes et les engagements de l'OSCE auxquels elle a souscrit en matière de transparence des mouvements militaires et à répondre à la procédure établie sur la réduction des risques du document de Vienne sur les mesures de confiance et de sécurité. La Russie n’a pas participé à la réunion de l’OSCE visant à dissiper les inquiétudes concernant ses activités, le 10 avril.

À l’inverse, les ministres ont soutenu la position de retenue adoptée par l’Ukraine.

Mardi 13 avril, à l’occasion de la visite du ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a précisé que l’Alliance suivait la situation de près. « Ces dernières semaines, la Russie a déplacé des milliers de militaires prêts au combat aux frontières de l'Ukraine. Le plus grand rassemblement de troupes russes depuis l'annexion illégale de la Crimée en 2014 », a-t-il rappelé, qualifiant ce renforcement militaire « considérable » d’« injustifié, inexpliqué et profondément préoccupant ». Le secrétaire général, lui aussi, a appelé la Russie à mettre fin à ce renforcement, à ses provocations et à procéder à un apaisement immédiat.

« Nous devons décourager Moscou de toute nouvelle escalade, notamment en faisant comprendre que le coût de toute nouvelle aventure militaire serait trop élevé », a souligné pour sa part M. Kuleba. Il a précisé que son pays avait besoin de mesures qui dissuaderont la Russie, citant par exemple des sanctions supplémentaires ou encore un soutien direct visant à renforcer les capacités de défense de l'Ukraine.

Après M. Stoltenberg, M. Kuleba a rencontré le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, qui a fait le voyage à Bruxelles pour discuter avec les Alliés de la situation en Ukraine, mais aussi de l'Afghanistan. Il a rejoint dans la capitale belge son homologue à la Défense, Lloyd Austin.

Les deux Secrétaires américains participeront, ce mercredi 14 avril, à une réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays alliés. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, eux, se pencheront sur l'Ukraine, lundi 19 avril.

Soutien au format Normandie

Par ailleurs, dans leur déclaration, les membres du G7 ont rappelé leur soutien aux efforts déployés par la France et l'Allemagne dans le cadre du processus de Normandie pour assurer la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk, « seule façon de trouver une solution politique durable au conflit ». « Nous appelons toutes les parties à s'engager de manière constructive au sein du Groupe de contact trilatéral sur les propositions de l'OSCE visant à confirmer et à consolider le cessez-le-feu », ont-ils ajouté.

Mardi 13 avril, les ambassadeurs français, Claire Raulin, et allemand, Thomas Ossowski, au sein du Comité politique et de sécurité (Cops), et le vice-premier ministre ukrainien, Oleksii Reznikov, ont fait le point sur la mise en œuvre des accords.

Les ambassadeurs ont rappelé la pleine mobilisation de leur pays pour mettre en œuvre les accords de Minsk. « Il est important de préserver un contact permanent avec la Russie et l'Ukraine. Le format Normandie est le format le plus adéquat et le soutien de l'UE et des États membres est essentiel et contribue aux efforts que l'on peut faire dans ce cadre », a expliqué Mme Raulin en commission des Affaires étrangères du PE.

Mais pour M. Reznikov, ces accords devraient être modernisés. Et le Président de la délégation du PE à la commission parlementaire d'association UE-Ukraine, Witold Jan Waszczykowski (CRE, polonais), souhaite même un nouveau format de discussion, avec, par exemple, les États-Unis et la Pologne. « Nous devons faire en sorte qu'il y ait une désescalade des conflits. Après sept ans, on s’attend à de véritables résultats. Il faut une nouvelle formule, un nouveau format », a-t-il plaidé. (Camille-Cerise Gessant)

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