D’après une analyse des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) publiée mardi 13 avril par l’ONG Fern, les États membres de l’Union européenne comptent accroître leur dépendance à l’égard de la bioénergie au cours des dix prochaines années. Une perspective qui inquiète l’ONG, selon laquelle les PNEC n’expliquent généralement pas comment et où les pays vont se procurer cette biomasse ni quel impact cela aura sur le climat, la pollution atmosphérique ou la biodiversité.
Réalisée par Trinomics à la demande de Fern, l’étude indique que les États membres prévoient une augmentation globale de l’utilisation de la biomasse pour produire de l’électricité (+18%) et pour le chauffage (+10%).
Parmi les pays qui prévoient une très forte augmentation de l’utilisation de la biomasse pour l’électricité d’ici 2030, l’étude épingle l’Espagne (+110%), la Lituanie (+100%) et la Slovénie (+170%).
D’autres pays prévoient une augmentation significative de l’utilisation de la biomasse pour le chauffage d’ici 2030 : l’Irlande (+72,6%), la Bulgarie (+36%), la Pologne (+30%) ou encore la République tchèque (+27%).
Or, la grande majorité des États membres ne fournissent pas d’informations suffisantes sur les effets négatifs que cette augmentation de la combustion du bois pourrait avoir sur la capacité des forêts à capturer du dioxyde de carbone (CO2), souligne l'étude.
Ces chiffres sont en outre probablement sous-estimés, car ils ne tiennent pas compte du rehaussement de l’objectif climatique de l’UE fixé pour 2030, précisent les auteurs.
Voir l’étude : https://bit.ly/3mKpgtW (Damien Genicot)