Mercredi 7 et jeudi 8 avril, le président du Conseil européen, Charles Michel, et le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, se sont rejeté la faute concernant l’absence de fauteuil pour la présidente de la Commission européenne lors d’une rencontre à Ankara entre M. Michel, Mme von der Leyen et le président turc, Recep Tayyip Erdoğan (EUROPE 12693/6 et la rubrique Repères dans cette édition).
« En dépit d'une volonté manifeste de bien faire, l'interprétation stricte par les services turcs des règles protocolaires a produit une situation désolante : le traitement différencié, voire diminué de la présidente de la Commission européenne », a expliqué M. Michel sur Facebook. « Tout en percevant le caractère regrettable de la situation, (Mme von der Leyen et moi) avons choisi de ne pas l'aggraver par un incident public et de privilégier, en ce début de rencontre, la substance de la discussion politique », a-t-il ajouté, se disant peiné par « l'impression donnée » qu’il aurait été « indifférent à la maladresse protocolaire vis-à-vis d'Ursula ».
La Turquie a fermement rejeté ces accusations, les qualifiant d'« extrêmement injustes ». « Le protocole appliqué lors de ces réunions (internationales) est conforme aux règles protocolaires internationales ainsi qu'aux traditions d'hospitalité turques de renommée mondiale », a expliqué M. Çavuşoğlu. Et d’ajouter : « Le protocole de la présidence a répondu aux demandes de la partie européenne. En d'autres termes, la disposition des sièges a été conçue pour répondre à leurs demandes et suggestions ».
Dans une note interne à destination du secrétaire général du Conseil en date du 7 avril et diffusée aux médias, le chef du protocole du Conseil a expliqué qu'« en général, le protocole pour les pays tiers fait une distinction claire entre le statut de chef d'État, détenu par le président du Conseil européen, et le statut de Premier ministre, détenu par le président de la Commission ; cela pourrait être à l'origine du problème ».
Il a précisé que, lors d'une réunion préparatoire, le 5 avril, les salles de réunion et de repas n'avaient pas pu être vérifiées. « Si la salle du tête-à-tête avait été visitée, nous aurions suggéré à nos hôtes de remplacer, par courtoisie, le canapé par deux fauteuils pour la présidente de la Commission », a expliqué le chef du protocole, ajoutant que, dans la salle à manger, à laquelle avait finalement eu accès la partie européenne, celle-ci avait fait réaligner la taille des trois chaises destinées aux trois présidents.
De même, selon le chef du protocole, c'est M. Michel qui a suggéré que Mme von der Leyen figure sur la photo des deux présidents pour illustrer la rencontre. (Camille-Cerise Gessant)