La Commission européenne a adopté et dévoilé, mercredi 24 mars, une nouvelle stratégie sur les droits des enfants ; un texte à l’image « des droits et du rôle des enfants dans notre société » et des « nouvelles réalités et défis persistants » auxquels ils sont confrontés, résume l’institution en introduction.
La Commission a choisi d’ouvrir ce texte par un chapitre consacré à la participation des enfants à la vie politique et démocratique : elle s’engage à ce que des enfants soient dorénavant invités à participer au Forum des droits fondamentaux de l’UE, dont l’édition 2021 devrait avoir lieu à Vienne les 11 et 12 octobre prochains.
La vice-présidente de la Commission, Dubravka Šuica, qui a supervisé la rédaction de cette stratégie, a d’ailleurs insisté ce mercredi, devant la presse – ainsi qu’elle l’avait fait devant les eurodéputés début mars (EUROPE 12676/9) – sur le fait que ce texte a été élaboré « avec des enfants ».
« Ils sont déjà des leaders et des militants », a glissé Mme Šuica lors de sa présentation. Ils « descendent dans les rues du monde entier pour réclamer une action en faveur du climat », rappelle la Commission dans la stratégie.
L’institution s’engage donc à garantir que les enfants dans l’UE soient considérés comme des citoyens actifs et promet que des consultations destinées spécialement aux enfants seront désormais menées dans le cadre de futures initiatives.
Menaces en ligne. Autre volet désormais nécessaire dans l’approche européenne des droits des enfants : celui de leur protection sur le net.
Pour prévenir l’exposition des enfants à des contenus illégaux ou préjudiciables en ligne, la Commission rappelle qu’elle adoptera en 2022 une version révisée de sa stratégie « Better Internet for Kids ».
Elle met également en avant sa volonté d’adopter des mesures contraignantes adressées aux fournisseurs de services numériques afin que ceux-ci détectent et signalent les contenus pédopornographiques en ligne.
Violences. Le texte ne se limite pas, toutefois, au traitement des violences en ligne. « En Europe, un enfant sur cinq sera victime d'une forme de violence sexuelle, tandis que les enfants représentent près d'un quart des victimes de la traite dans l'UE - la majorité étant des filles victimes de la traite à des fins d'exploitation sexuelle », détaille en effet la stratégie.
Un volet du texte est également consacré à cette problématique, à laquelle la Commission entend répondre notamment par une proposition législative contre la violence à l’égard des femmes et des filles et une proposition de recommandation sur la prévention des pratiques préjudiciables pour les femmes et les filles, notamment les mutilations génitales. Deux textes déjà annoncés dans le cadre de sa stratégie pour l’égalité de genre.
Sans plus de détails, l’institution évoque par ailleurs la présentation d'une « initiative » visant à soutenir le renforcement des systèmes de protection de l'enfance. Elle appelle en outre les États membres qui ne l’auraient pas encore fait à interdire les punitions corporelles « dans tous les contextes ».
Éducation, santé, inclusion sociale. Enfin, la stratégie aborde la question de l’égalité d’accès des enfants à l’éducation, à la santé et la nécessité de combattre la pauvreté infantile.
En matière de santé, la Commission met essentiellement en avant les difficultés liées aux problèmes de santé mentale, qui touchent près de 20% d’enfants dans le monde, et invite les États membres à « identifier les enfants comme un groupe cible prioritaire dans leurs stratégies nationales de santé mentale ». Au sujet de l’éducation, elle s’engage à présenter des recommandations sur l'apprentissage en ligne et à distance dans l'enseignement primaire et secondaire.
Enfin, sur la pauvreté infantile, elle souligne que 22,2% des enfants de l'UE étaient exposés au risque de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2019. « Selon l'État membre, le risque de pauvreté des enfants élevés par un parent isolé, dans des familles de trois enfants ou plus, vivant dans les zones rurales et les régions les plus reculées de l'UE ou issus de l'immigration ou de la communauté rom est jusqu'à trois fois plus élevé que celui des autres enfants », détaille-t-elle.
Le principal instrument mobilisé par l’institution pour pallier cette situation est une Garantie européenne pour lutter contre la pauvreté infantile ou ‘Child Guarantee’, présentée en parallèle de cette stratégie (voir autre nouvelle).
Pour la consulter : https://bit.ly/3vWwQGb (Agathe Cherki)