La pandémie de Covid-19 sera une nouvelle fois à l'ordre du jour des dirigeants européens, jeudi 25 mars, alors que les contaminations reprennent de plus belle dans de nombreux États membres, que les variants du coronavirus se propagent et que les doses du vaccin d'AstraZeneca peinent toujours à arriver en Europe.
Les Vingt-sept discuteront de la production, de la livraison et du déploiement des vaccins anti-Covid-19. Ils aborderont également le mécanisme d'autorisation des exportations des vaccins hors de l'UE (EUROPE 12685/7), les certificats verts numériques (EUROPE 12685/2) et la Facilité Covax destinée à faciliter le déploiement des vaccins dans les pays tiers vulnérables.
« La situation demeure alarmante dans de nombreux États membres. Nous commençons à voir des circonstances qui nous préoccupent, avec une augmentation des cas dans 19 pays. Quinze pays rapportent plus d’hospitalisations et d’admissions en soins intensifs et huit États membres rapportent une augmentation du nombre de décès », a déclaré la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, à la veille du sommet.
Cette détérioration de la situation a d'ailleurs conduit le président du Conseil européen, Charles Michel, à organiser une nouvelle fois cette réunion par visioconférence.
Le point sur la vaccination
Les chefs d'État ou de gouvernement feront le point, en présence du commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, sur les livraisons de vaccins, en particulier sur le non-respect de ses engagements par AstraZeneca.
Le fait que 29 millions de doses aient été découvertes dans une usine à Anagni (Italie) lors d'une inspection menée par la police italienne ne devraient pas calmer les décideurs européens.
Toutefois, « notre colère ne doit pas l'emporter sur la priorité de mener à bien la vaccination », a noté une source européenne.
Les dirigeants européens pourraient également aborder la question du vaccin russe, le Spoutnik V, après l'invitation lancée par l'Allemagne de tenir des entretiens préparatoires sur un éventuel achat commun. Le risque, a noté toutefois une autre source européenne, est que ce vaccin arrive trop tard, le temps qu'il soit produit.
Enfin, la question du mécanisme de répartition des doses entre les États membres pourrait également être abordée, si le sujet n'est pas bouclé par le comité de pilotage. Mais, selon plusieurs diplomates, le sommet n'est pas le lieu adapté pour trancher cette question.
Pour rappel, « 6 à 7 États membres » souhaitent introduire un mécanisme de correction au système de distribution basé sur la population européenne, estimant avoir été lésés par ce dernier.
Des procédure accélérées pour l'adaptation de vaccins homologués
Mercredi, la Commission a présenté un règlement délégué destiné à accélérer l'autorisation des vaccins contre la Covid-19 adaptés aux variants.
Ce règlement doit permettre aux entreprises de se concentrer sur la collecte des éléments de preuve nécessaires en temps utile et de rendre possible l'autorisation des vaccins qui ont été adaptés sur la base d'un ensemble plus restreint de données supplémentaires soumises à l'Agence européenne des médicaments (EMA), fait valoir la Commission.
Ce règlement, qui modifie le règlement 1234/2008, a été présenté dans le cadre de l'incubateur HERA, le nouveau plan européen de préparation en matière de biodéfense contre les variants du SARS-CoV-2.
Voir le projet de règlement d'exécution : https://bit.ly/3tQTWfs
Exportations
Les dirigeants devraient aussi aborder le mécanisme d'autorisation des exportations de vaccins contre la Covid-19, au lendemain de la publication par la Commission d'un mécanisme révisé dont l'application est élargie pour prendre en compte les critères de réciprocité et de proportionnalité (voir autre nouvelle).
Selon un diplomate européen, les discussions n'iront pas dans le détail du mécanisme. Les leaders « exprimeront une première orientation ; un certain nombre dira que c'est très bien ; d'autres diront que l'affaire est complexe au vu des chaînes d'approvisionnement, notamment », a noté un diplomate.
La France et l'Allemagne ont déjà soutenu publiquement l'initiative de la Commission. Certains pays membres, comme les Pays-Bas, la Belgique ou le Luxembourg, sont en revanche plus réservés sur le mécanisme. Les Pays-Bas craignent notamment que restreindre les échanges conduira inévitablement à une solution perdante pour tout le monde.
À noter, enfin, que les dirigeants aborderont de nouveau la question du mécanisme européen de partage des vaccins à mettre en place rapidement pour compléter et soutenir l’initiative Covax qui vise à garantir l’accès universel aux vaccins.
Lien vers le projet de conclusions du Conseil européen daté du 15 mars : http://bit.ly/3vywOE9 (Sophie Petitjean, Léa Marchal et Aminata Niang, avec la rédaction)