Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé, dimanche 7 mars, que l’UE devait être impliquée dans les négociations pour la réunification de l’île de Chypre.
Une réunion informelle est prévue à Genève du 27 au 29 avril, avec les représentants des deux communautés chypriotes et des garants – Grèce, Turquie et Royaume-Uni – sous les auspices des Nations Unies (EUROPE 12666/35).
« Plus tôt l'UE sera pleinement impliquée dans les nouveaux pourparlers de règlement, mieux ce sera », a estimé M. Borrell, de retour de Chypre, rappelant que l’UE avait le statut d'observateur à la conférence officielle sur Chypre.
Selon le Haut Représentant, le problème chypriote est « clairement » un problème européen : Chypre est un État membre de l'Union et la stabilité et la prospérité régionales en Méditerranée orientale sont étroitement liées à une solution du problème chypriote. De plus, un futur règlement doit notamment respecter l'acquis et les garanties de l'UE, l'intégrité et les responsabilités et processus décisionnels de l'UE, a-t-il détaillé.
« L’UE est prête à fournir toute l'aide que les deux dirigeants et les Nations unies trouveraient la plus utile », a annoncé M. Borrell (EUROPE 12672/27). Il a précisé que, « dans les semaines à venir et au-delà », il apporterait, avec le président du Conseil européen, la présidente de la Commission et les ministres des Affaires étrangères européens, le soutien total de l'UE aux pourparlers.
Selon le Haut Représentant, la tentative de relancer les négociations ne repart pas de zéro. Il est possible de s’appuyer sur un cadre juridique et sur les convergences des négociations passées, selon M. Borrell. « Les Nations unies ont été très claires sur les paramètres permettant de trouver une paix durable : la résolution 2561 du Conseil de sécurité des Nations unies du 29 janvier 2021 rappelle l'importance de parvenir à un règlement global fondé sur une fédération bicommunautaire et bizonale, avec une égalité politique», a-t-il souligné, précisant que l’UE soutenait pleinement la ligne des Nations Unies.
Et si M. Borrell a reconnu qu’il s’agissait d’un processus complexe, il s’est dit encouragé par la volonté du président chypriote, Nikos Anastasiades, et du dirigeant de la communauté chypriote turque, Ersin Tatar, de s'engager auprès des Nations unies afin de trouver un terrain d'entente sur la voie à suivre. « J'ai ressenti une détermination positive à reprendre les pourparlers et à rechercher une solution », a-t-il ajouté. M. Tatar, a cependant publiquement plaidé pour une solution à deux États, soutenu en cela par la Turquie.
Depuis 2006, l'UE a consacré 600 millions d'euros à l'aide à la communauté chypriote turque.
Par ailleurs, les vaccins contre la Covid-19 achetés grâce aux mécanismes de l'UE seront partagés équitablement avec tous les Chypriotes, quel que soit l'endroit où ces derniers résident sur l'île, avec des ratios basés sur les chiffres de la population. (Camille-Cerise Gessant)