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Bulletin Quotidien Europe N° 12673
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RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / SantÉ

Vaccins contre la Covid-19, l'UE escompte recevoir 100 millions de doses par mois à partir d'avril

La Commission européenne continue de défendre sa stratégie d'acquisition des vaccins contre la Covid-19, malgré les retards de livraison. S'exprimant dans la presse allemande dimanche 7 mars, sa présidente, Ursula von der Leyen, a affirmé qu'elle s’attendait à une moyenne de 100 millions de doses par mois au cours du second trimestre, pour un total de 300 millions à la fin juin. 

« Dès le mois d’avril, les quantités pourraient doubler à nouveau, selon les plans des fabricants, mais aussi parce que d’autres vaccins sont sur le point d’être approuvés », indiquait-elle.

Véritable hausse ou retard ?

En février déjà, le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič, avait annoncé 300 millions de doses au deuxième trimestre, tout en précisant bien que ces calculs se fondaient sur les 3 vaccins approuvés par l'UE.

Or, lors de la conférence de presse de midi, lundi 8 mars, le porte-parole de l'institution, Eric Mamer, a laissé entendre que les 300 millions de doses dont parlait Mme von der Leyen comprenaient aussi le vaccin de Johnson & Johnson, sur lequel l'Agence européenne des médicaments doit se prononcer jeudi 11 mars, donc 4 vaccins au total. 

Derrière le discours, il s'agit donc bel et bien à nouveau d'une baisse par rapport à ce qui était attendu. Outre les retards déjà bien connus d'AstraZeneca, il semble que Moderna rencontre aussi des difficultés, comme en témoigne un post sur Facebook du ministre hongrois Gergely Gulyás, qui dévoile les engagements trimestriels du laboratoire américain. Si le document parle de 10 millions de doses pour le premier trimestre 2021, le site du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) affirme, lui, que 3,4 millions de doses ont jusqu'ici été distribuées aux États membres par Moderna. 

La tentation des vaccins russe et chinois

Le post du ministre hongrois visait notamment à justifier le choix du pays de ne pas recourir à l'option d'achat supplémentaire négociée par l'UE auprès de Moderna. Comme plusieurs de ses voisins, le pays compte en effet sur les vaccins chinois et russe pour compléter son stock. 

Une stratégie découragée par la présidente du conseil d’administration de l'EMA, Christa Wirthumer-Hoche, qui a « déconseillé », le 8 mars, aux pays membres de l'UE d'autoriser en urgence le vaccin Sputnik V, invoquant des données insuffisantes pour l'heure sur les personnes vaccinées. 

Inquiétudes en matière d'exportations

L'UE s'inquiète pour l'approvisionnement des laboratoires en composants pour les vaccins contre la Covid-19. Les États-Unis appliquent en effet des restrictions à l'exportation sur l'ensemble des composants des vaccins. La porte-parole de l'UE pour les Affaires étrangères, Nabila Massrali, a indiqué que le commissaire européen à l'Industrie, Thierry Breton, devait rencontrer Jeffrey Zients, coordinateur de l'équipe en charge de la lutte contre la Covid-19 à la Maison-Blanche, le 8 mars, pour aborder le sujet des restrictions à l'exportation. L'UE cherche à « travailler de manière coordonnée pour qu'il n'y ait pas de goulet d'étranglement » pour les fabricants européens de vaccins, d'après une source UE citée par l'AFP. (Sophie Petitjean et Léa Marchal)

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