Alors que la Commission européenne prévoit de dévoiler sa stratégie pour réduire les émissions de méthane au sein de l’Union européenne le 14 octobre, l’ONG ‘Environmental Defense Fund’ (EDF) a adressé une lettre aux eurodéputés et aux États membres, mercredi 23 septembre, les appelant à soutenir la fixation de normes en matière d’émissions de méthane liées au gaz vendu dans l’UE.
« En tant que premier importateur de gaz naturel commercialisé au niveau international (47% du marché mondial), l’UE est particulièrement bien placée pour exiger des normes de performance rigoureuses pour tout le gaz vendu dans l’UE, ce qui permettrait de réduire immédiatement ce puissant polluant climatique dans le monde entier », estime ainsi Poppy Kalesi, directrice de l’ONG et signataire de la lettre.
Qualifiant la lutte contre les émissions de méthane d’« urgence climatique » (après le dioxyde de carbone, le méthane est le deuxième gaz à effet de serre contribuant le plus au dérèglement climatique), l’EDF souligne que les externalités environnementales, parmi lesquelles les émissions de méthane, ne se reflètent actuellement pas dans le prix du gaz.
Pour l’organisation, cela crée un risque commercial et réglementaire majeur pour les énergies renouvelables domestiques, en particulier sur les marchés où le coût de l’électricité par mégawatt/heure est actuellement jusqu’à cinq fois supérieur à celui du gaz.
Dans une version provisoire de la stratégie 'méthane' détaillée dans nos lignes (EUROPE 12545/1), la Commission indique qu’elle « étudiera la faisabilité et la valeur ajoutée d’éventuels objectifs ou normes de performance pour le gaz naturel comme moyen d’encourager davantage la réduction des émissions de méthane dans l’UE », mais sans proposer d’initiative concrète allant dans ce sens.
L’institution est d’avis qu’il est d’abord nécessaire d’améliorer les données sur les émissions de méthane provenant des fuites liées à l’industrie fossile – par une proposition législative sur la surveillance, la déclaration et la vérification (monitoring, reporting and verification– MRV) obligatoires de toutes les émissions de méthane – pour ensuite encourager les entreprises à lutter contre ces fuites.
Or, pour Mme Kalesi, les expériences aux États-Unis, au Canada, ou encore au Mexique ont montré que « les accords volontaires […] ne permettent pas de réduire les émissions de méthane à l’échelle nécessaire ».
Selon la Commission, entre 19 et 30% des émissions mondiales de méthane d’origine anthropique proviennent de la production et de l’exploitation des combustibles fossiles.
Voir la lettre du EDF : https://bit.ly/33S8uQA (Damien Genicot)