Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a réaffirmé, vendredi 11 septembre dans la soirée, la détermination de l’UE à imposer des sanctions aux personnes responsables de la violence, de la répression des manifestations pacifiques et de la falsification des résultats des élections en Biélorussie.
« L’UE est prête à prendre d'autres mesures restrictives, si nécessaire », a-t-il prévenu dans une déclaration au nom de l’UE, déplorant le « mépris de plus en plus flagrant de l’État de droit dans le pays ». Si les ministres des Affaires étrangères se sont mis d'accord, mi-août, pour adopter des mesures, celles-ci se font toujours attendre (EUROPE 12544/9).
Vendredi 11, le Secrétaire d'État adjoint américain, Stephen Biegun, a expliqué à des journalistes, dont EUROPE, que son pays travaillait en étroite coordination avec les Européens concernant les sanctions à l’encontre des responsables des violations des droits de l’homme et la répression.
Dans sa déclaration, M. Borrell a notamment dénoncé l'escalade de la violence et l'exil forcé des membres du Conseil de coordination, en violation du droit national biélorusse et des obligations internationales du pays. Tous les membres du présidium du Conseil de coordination ont été arrêtés ou contraints à l'exil, à l'exception du prix Nobel Sviatlana Alexievich, avec qui des diplomates de l’UE sont restés par intermittence pour lui éviter d'être arrêtée. D’autres figures de l’opposition ont été arrêtées illégalement ou contraintes à l’exil, a rappelé le Haut Représentant.
M. Borrell a exhorté les autorités biélorusses à libérer immédiatement toutes les personnes détenues illégalement, y compris les prisonniers politiques, et à veiller à ce que l'intimidation, l'exil forcé, les arrestations arbitraires et la violence à l’encontre de la société civile et des acteurs engagés dans des discussions sur l’avenir de la Biélorussie, y compris les membres du Conseil de coordination, ne se poursuivent pas et ne se répètent pas. Une demande à laquelle les autorités n’ont pas répondu, en procédant à environ 250 arrestations lors de la manifestation hebdomadaire de l’opposition, dimanche 13 septembre.
Le Haut Représentant a une nouvelle fois souligné la nécessité d'un dialogue national sans exclusive avec la société au sens large, en particulier avec le Conseil de coordination, « qui conduise à une solution pacifique et réponde positivement aux demandes du peuple biélorusse en faveur de nouvelles élections démocratiques ». « Le harcèlement, la violence et l'exil forcé des membres du Conseil de coordination et d'autres représentants de la société civile vont à l'encontre de cet objectif », a prévenu M. Borrell. Selon lui, l'engagement « impressionnant » du peuple biélorusse en faveur d'un avenir démocratique et l'appel persistant au respect de ses droits fondamentaux méritent une réponse différente.
Lundi 14 septembre, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a décidé, sur demande de l’UE, de tenir un débat d’urgence, vendredi 18, sur la situation des droits de l’homme en Biélorussie. (Camille-Cerise Gessant)