Depuis l’élection présidentielle du 9 août, la situation en Biélorussie est à l’agenda des responsables européens. D'impressionnantes manifestations se poursuivent dans tout le pays contre le président réélu, Alexandre Loukachenko.
Ce mardi 25 août, la commission des affaires étrangères du Parlement européen débattra, lors d’une réunion exceptionnelle, de la situation avec l'opposante politique Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, et la secrétaire générale du Service européen pour l’action extérieure, Helga Schmid.
Jeudi 27 et vendredi 28, les ministres des Affaires étrangères reviendront sur le sujet lors de leur réunion informelle à Berlin, moins de trois semaines après leur réunion extraordinaire par vidéoconférence du 14 août.
La Biélorussie a même fait l’objet, le 19 août, d’une visioconférence extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement européen. À l'issue de celle-ci, dans des conclusions, le président du Conseil européen, Charles Michel, a estimé que l’élection présidentielle n’avait été « ni libre ni régulière » et que l'UE n’en reconnaissait pas les résultats.
Les Européens ont aussi condamné « la violence disproportionnée et inacceptable dont les autorités nationales ont fait usage contre des manifestants pacifiques » et invité ces dernières à trouver un moyen de sortir de la crise en mettant fin à la violence, en apaisant les tensions et en engageant un dialogue national sans exclusive.
« Seul un processus pacifique et démocratique soutenu par des médias libres et indépendants et par une société civile forte peut apporter des solutions durables », ont-ils plaidé, estimant que toutes les parties, y compris les États tiers, devraient soutenir un tel processus.
M. Michel s’est entretenu à deux reprises avec le président russe, Vladimir Poutine, au sujet de la crise biélorusse, avant et après la visioconférence des Vingt-sept, alors que le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a fait de même avec le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, le 21 août.
Les chefs d’État ou de gouvernement de l'UE ont également confirmé la décision des ministres des Affaires étrangères du 14 août de sanctionner « un grand nombre » de responsables de la violence, de la répression des manifestations et de la falsification des résultats électoraux. Le travail sur les sanctions a commencé dès le 14 août.
Les dirigeants européens ont aussi prévenu que les progrès accomplis ces dernières années dans les relations entre l'UE et Minsk étaient menacés et que toute nouvelle dégradation de la situation affecterait les relations et aurait des conséquences négatives.
Malgré l'annonce de futures sanctions, les Européens se disent prêts à contribuer aux efforts visant à mettre fin pacifiquement à la crise. « L'UE soutient pleinement les propositions de l'OSCE en faveur du dialogue en Biélorussie et est disposée à apporter son concours pour en faciliter la réalisation », ont-ils indiqué. Le 20 août, le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont également proposé une médiation européenne.
La Commission européenne, de son côté, a annoncé un soutien financier supplémentaire de 53 millions d'euros « pour soutenir le peuple biélorusse en ces temps difficiles », dont 2 millions d'euros pour venir en aide aux « victimes de la répression et de la violence inacceptable de l'État » et un million pour épauler la société civile et les médias indépendants. Les 50 millions d'euros restants iront à la lutte contre la Covid-19, pour le secteur de la santé, par exemple les hôpitaux ou l'achat de matériel médical, mais aussi pour les petites et moyennes entreprises, les groupes vulnérables ou les services sociaux.
Voir les conclusions de M. Michel faisant suite à la vidéoconférence des dirigeants de l'UE : https://bit.ly/34bScnC (Camille-Cerise Gessant)