La Commission européenne n'a pas ménagé ses efforts durant l'été pour concrétiser sa stratégie du 17 juin visant à constituer une réserve de candidats vaccins contre la Covid-19 (EUROPE 12508/4).
Au cours de l'été, elle a tour à tour conclu des discussions préliminaires avec Sanofi-GSK, Johnson&Johnson et Curevac. Elle a également passé un accord d'achat anticipé avec l'entreprise pharmaceutique AstraZeneca.
Lundi 24 août, elle a ajouté une nouvelle pierre à cet édifice en annonçant avoir finalisé ses contacts exploratoires avec la firme américaine Moderna.
Rappelons aussi que la Commission a accepté, le 21 août, d'enregistrer une initiative citoyenne européenne intitulée « Droit aux vaccins et aux traitements », afin que ceux-ci deviennent un « bien public mondial, librement accessible à tous » (voir autre nouvelle).
Sept candidats vaccins en phase III
À l'heure actuelle, plus de 165 vaccins sont en cours de développement à travers le monde et 32 sont en cours d'essai sur l'homme.
Selon un dernier recensement, 7 candidats vaccins seraient en phase III dans la procédure d'essais cliniques, soit la dernière phase avant une possible commercialisation. Il s'agit en premier lieu du candidat développé conjointement par l'université d'Oxford et le laboratoire AstraZeneca.
Viennent ensuite quatre projets chinois, dont deux sont issus du China National Biotec Group (CNBG), une unité du géant pharmaceutique public China National Pharmaceutical Group (Sinopharm). Sinovac Biotech développe le troisième candidat, appelé CoronaVac, tandis que CanSino Biologics travaille avec l'unité de recherche militaire de l'Académie des sciences médicales militaires sur Ad5-nCoV.
Enfin, l'Américain Moderna et l'alliance germano-américaine Pfizer-BioTech sont également entrés en phase III. À noter que la Russie devrait aussi lancer cette semaine des essais sur son produit, le Spoutnik V.
L'UE sécurise son accès à plusieurs produits
La création d'un vaccin est en effet vu comme la réponse la plus efficace à la pandémie de Covid-19, sachant que l'immunité naturelle de la population (herd immunity) est loin d'être atteinte.
Dans ce contexte, la Commission européenne a annoncé avoir conclu plusieurs discussions exploratoires avec l'industrie pharmaceutique, dont l'objectif est de donner lieu à des accords d'achat anticipé, comme le prévoit la stratégie du 17 juin (EUROPE 12508/4).
Le 31 juillet, elle a annoncé avoir finalisé ses discussions avec Sanofi-GSK pour sécuriser 300 millions de doses de leur futur vaccin, une fois que son innocuité et son efficacité auront été prouvées.
Le 13 août, elle annonçait avoir conclu ses discussions préliminaires avec Johnson&Johnson, cette fois pour 200 millions de doses, avec une option d'achat de 200 millions supplémentaires. Le 20 août, c'est avec l'entreprise allemande CureVac qu'elle a finalisé les discussions, pour l'achat de 225 millions de doses. Et le 24, elle a annoncé la finalisation des discussions avec Moderna, pour 80 millions de doses.
Mais les discussions les plus abouties ont été menées avec AstraZeneca, où un accord d'achat anticipé a été conclu le 14 août. Cette fois, il s'agit de 300 millions de doses, avec une option d'achat de 100 millions de doses supplémentaires.
« La décision de soutenir le vaccin proposé par AstraZeneca repose sur la rigueur de l'approche scientifique et de la technologie utilisée (ChAdOx1, un vaccin à vecteur adénoviral de chimpanzé recombinant non répliquant), la rapidité de la fourniture à grande échelle, le coût, le partage des risques, la responsabilité et la capacité de production permettant d'approvisionner toute l'Union, entre autres », a mis en avant la Commission européenne dans son communiqué de presse. (Sophie Petitjean)