En raison de « lacunes » (‘loopholes’) dans sa nouvelle politique de prêt dans le secteur de l’énergie, la Banque européenne d’investissement (BEI) risque de continuer à financer les combustibles fossiles « par des moyens détournés », a estimé l’ONG Counter Balance, jeudi 30 juillet, dans une note de blog s’appuyant sur un de ses rapports publié en juin.
Ainsi, si elle salue les « progrès considérables » de l’institution pour devenir la ‘Banque européenne du climat’ (EUROPE 12370/11) en excluant la plupart des aides aux combustibles fossiles (gaz compris) d’ici 2021, l’ONG épingle « trois exceptions importantes qui pourraient compromettre » les ambitions climatiques de la BEI.
Premièrement, le fait que la Banque ait décidé de conserver la possibilité d’approuver, jusqu’à la fin de l’année 2021, tout projet d’infrastructure gazière figurant sur la quatrième liste des ‘projets d’intérêt commun’ (PIC) de l’UE (EUROPE 12406/7), liste qui a par ailleurs fait l’objet de nombreuses critiques de la part des ONG environnementales et d’une partie des eurodéputés (EUROPE 12417/7 - 12408/23).
Deuxième lacune, selon Counter Balance : l'intention de la BEI de financer les projets gaziers « qui ont pour finalité le transport de gaz à faibles émissions de carbone ». Cela pose problème, d’après l’ONG, car « tant les avantages pour le climat que le potentiel économique de ces gaz à faible teneur en carbone sont incertains ».
L’organisation s'inquiète en outre de l’absence de définition acceptée, ou de série de critères, permettant de déterminer quel gaz est considéré ou non comme à faible teneur en carbone, en soulignant, par exemple, le manque de prise en compte des fuites de méthane liées à ces gaz.
Enfin, troisième exception pointée du doigt : le fait que la nouvelle politique énergétique de la BEI permet toujours de financer des projets de production d’électricité qui émettent moins de 250 grammes de CO2 par kilowattheure au cours de leur durée de vie économique. Counter Balance considère qu’il s’agit d’un seuil « extrêmement élevé » qui risque de permettre aux projets gaziers de bénéficier de prêts de la BEI.
Voir le rapport de Counter Balance : https://bit.ly/33bg4aC (Damien Genicot)