La Commission européenne joint les actes à la parole. Après avoir mis en garde les États contre une seconde flambée de Covid-19 qui se mélangerait à la grippe saisonnière, elle tente dès à présent d'organiser les stocks et de nouveaux marchés en commun ne sont pas à exclure, selon le procès-verbal d'une nouvelle réunion du comité de sécurité sanitaire (CSS) publié le 29 juillet.
C'était en effet le message principal de sa communication sur une deuxième vague d'infections : il faut réduire la charge de la grippe saisonnière pour éviter un « cocktail de risques » (EUROPE 12528/5).
Lors de la réunion du comité de sécurité sanitaire du 21 juillet, la Commission a indiqué avoir approché les fabricants de vaccins afin de savoir si des doses supplémentaires de vaccins contre la grippe saisonnière étaient disponibles.
Elle a également mis en garde les États membres contre le risque de manque de matériel d'accompagnement, soulignant que « les vaccins Covid-19, une fois développés, peuvent être livrés sans seringues et autres articles (livrés sous forme de flacons multidoses), et qu'il pourrait y avoir des pénuries de ceux-ci ».
En conséquence, les États membres ont été invités à faire part de leur état de préparation concernant la disponibilité de ce type de matériel (par exemple, seringues, alcool, lingettes, etc.) et de prendre position sur la pertinence d'un achat groupé. Toujours selon le procès-verbal, les Pays-Bas et l'Italie auraient déjà exprimé leur souhait d'y participer.
État des achats en commun
À ce jour, la Commission européenne a lancé 5 achats communs via des marchés publics, auxquels ont chaque fois participé une bonne vingtaine de pays (sur les 37 ayant signé l'accord-cadre établissant ce mécanisme qui permet de bénéficier de l'effet de groupe face aux industriels).
Vingt pays (sur trente-sept) ont participé au premier achat groupé qui portait sur des gants et des combinaisons, pour un budget total maximal de 97 millions d'euros.
Vingt-cinq pays ont ensuite participé au second achat groupé, passé avec 5 entreprises pour un budget maximal de 1,4 milliard d'euros, afin de leur permettre d'obtenir des protections oculaires et respiratoires (plus précisément, 20 millions de lunettes, 12 millions d'écrans faciaux, 37 millions de FFP2, 26 millions de FFP3, 301 millions de masques).
Vingt-six pays ont souscrit à l'achat en commun de respirateurs (110 000 unités, dont la moitié seulement avec le marquage CE), pour un budget maximum de 1,4 milliard d'euros.
Et enfin, vingt pays participent à un achat en commun avec 9 entreprises pour des équipements de laboratoires (29 lots différents), pour un budget de 350 millions d'euros.
Dans le compte-rendu de la réunion du CSS, la Commission indique que le cinquième marché public commun va bon train, puisqu'elle a reçu « des offres » pour des médicaments de soins intensifs. (Sophie Petitjean)