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Bulletin Quotidien Europe N° 12530
ACTION EXTÉRIEURE / Omc

Les huit candidats au poste de directeur général ont passé leur grand oral

Les huit candidats au poste de directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se sont présentés, du mercredi 15 au vendredi 17 juillet, aux 164 membres, à Genève, pour y défendre leurs idées et répondre à leurs questions. Premier tour d’horizon.

Le remplaçant idéal de Roberto Azevêdo devra relever les défis multiples qui se posent à cette organisation presque moribonde : ramener tous les membres à la table des discussions, avancer dans ces négociations, débloquer le mécanisme de règlement des différends et endiguer la montée du protectionnisme (EUROPE 12523/20).

Quel meilleur message pour lancer cette réforme que de la voir orchestrée par un(e) directeur général porteur d’alternance ? À ce jour, aucune femme ni aucun ressortissant du continent africain n’a piloté l'OMC.

Aux yeux du grand public, ces éléments pourraient jouer notamment contre le candidat britannique, Liam Fox (lequel s'est d'ailleurs empressé de promettre que la moitié de son staff senior serait féminin).

Devant les membres, l’ex-secrétaire d’État britannique au Commerce a joué la carte de la neutralité, se montrant, par exemple, sensible à certains arguments de Washington sur le rôle de l’Organe d’appel (le représentant des États-Unis aurait d’ailleurs limité ses questions aux candidats à ce seul sujet, d’après un journaliste de Bloomberg).

« Ardent défenseur du libre-échange », il a rappelé son soutien à un système multilatéral basé sur des règles, cher aux Européens, et a défendu des mesures qui ménagent la durabilité. « L'UE choisira un candidat qui correspond le mieux aux valeurs et aux aspirations de commerce mondial de l'Union européenne », a-t-il répondu à la question du soutien européen, en conférence de presse, le 16 juillet.

Mais les incertitudes autour du Brexit et les difficultés rencontrées par son pays et par l’UE dans la réallocation de leurs contingents tarifaires pourraient jouer en sa défaveur (EUROPE 12370/17).

M. Fox s'est d'ailleurs montré confiant qu'un accord avec l'UE pourrait être scellé, « parce que c'est bon en soi pour les deux parties, mais aussi parce que c'est un signe de confiance dans cette économie mondiale que nous pouvons établir des conditions équitables pour la reprise ».

Un Mexicain peut-il succéder à un Brésilien ? Jesús Seade fait état d’un parcours de négociateur impressionnant à l’OMC, mais aussi dans la négociation sur le USMCA avec les États-Unis et le Canada. Son programme pêche sans doute par ambition, mais sa vision est claire et ses réponses nuancées. Son dynamisme semble avoir fait bonne impression, mais rien n’indique que le soutien de Washington lui est acquis.

Les candidates africaines ont des curriculums impressionnants. La Kenyane Amina Mohamed, ministre des Sports et ex-ministre du Commerce, peut faire valoir son expérience d’ambassadrice à l’OMC. Quant à Ngozi Okonjo-Iweala, ex-ministre des Finances du Nigeria, présidente du conseil d'administration de Gavi, l’Alliance du vaccin, et ex-DG des opérations de la Banque mondiale, son manque d’expérience en matière commerciale ne devrait pas trop jouer contre elle. Pour l'UE, ce n’est pas de technocrates dont l’OMC a besoin, mais d'une carrure politique ayant l'expérience de l'élaboration de compromis (EUROPE 12497/16). 

Son profil est à l’exact opposé de l’Égyptien Abdel Hamid Mamdouh, rompu aux rouages de l’OMC, mais qui ne peut se targuer d’une expérience politique similaire.

Mais les trois candidats africains souffrent de leur propre concurrence ; ils risquent de ne pas être soutenus par une partie de leur continent.

Quant au Saoudien Mohammad Maziad Al-Tuwaijri, ex-ministre du Développement économique et ex-banquier, son profil ne semble a priori pas réunir les atouts qui lui assureraient le soutien de l’opinion publique.

Autre figure féminine et négociatrice expérimentée, la ministre du Commerce sud-coréenne, Yoo Myung-hee, pourrait, par contre, séduire les Européens en ce qu’elle est originaire d’un pays qui affiche également un programme de reprise économique « vert » (EUROPE 12517/2, 12516/13). Mais le Japon, qui a des relations commerciales tendues avec la Corée, pourrait lui opposer son veto, d’après des sources proches de l’OMC.

Au critère de l’expérience, Tudor Ulianovschi, ex-ministre des Affaires étrangères moldave, part perdant. S’il a été délégué auprès de l’OMC, ce candidat de 37 ans a peu d’années d'expérience au compteur. D’autres n'ont pas manqué de se présenter en vieux briscards de la politique, tel Liam Fox déclarant qu'il « portait les expériences de ses différentes batailles ».

Cette seconde phase de campagne des candidats auprès des membres se clôturera le 7 septembre. Suivront deux mois de consultations internes, qui permettront d'évaluer les préférences et de déterminer le candidat le mieux placé pour générer le consensus.

Les déclarations : https://bit.ly/3jbdpmB (Hermine Donceel)

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