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Bulletin Quotidien Europe N° 12521
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ACTION EXTÉRIEURE / Commerce

Premier tour de piste au PE sur les enjeux et priorités pour réviser la politique commerciale européenne

Les députés européens ont tenu, lundi 6 juillet, un premier débat autour des axes de la révision de la politique commerciale européenne, lors d'une réunion extraordinaire de la commission parlementaire du commerce.

Les interventions des groupes politiques du Parlement ont rappelé ce que les populations européennes attendent de leur politique commerciale pour les cinq prochaines années (EUROPE 12507/5).

Mieux inscrire le développement durable et le respect des accords de Paris dans la politique commerciale européenne, peaufiner les instruments européens de défense commerciale (EUROPE 12515/18), recentrer la politique commerciale en faveur des petites et moyennes entreprises (PME), améliorer l’application des accords de libre-échange (ALE), soutenir le rôle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), assurer aux opérateurs économiques européens la réciprocité sur les marchés d’États tiers – surtout la Chine - et des conditions de concurrence équitables (ou ‘level playing field’), améliorer la diligence raisonnable ('due diligence') sur les chaînes de valeur européennes et promouvoir un commerce équitable - ont été parmi les thèmes récurrents évoqués par les députés européens.

Mais les priorités portées par cette révision seront-elles appliquées aux négociations commerciales en cours ? Rien n'est moins sûr. À une question de Kathleen Van Brempt (S&D, belge), Phil Hogan a répondu que toute décision de s’écarter des mandats de négociation existants appartiendrait avant tout au Conseil et au Parlement.

Pour la note de consultation de la Commission sur cette révision (EN) : https://bit.ly/3gxnIiW

Point de vue d'experts

Outre M. Hogan, d’autres intervenants étaient par ailleurs invités à s’exprimer sur les enjeux de ce chantier.

Beata Javorcik, économiste en chef à la BERD, a ainsi appelé à « combattre le virus du nationalisme économique dans l’UE » sous prétexte de renforcer la résilience industrielle de l’Union, un nationalisme qui, selon elle, « sape le principe fondamental de l'Union ».

Pascal Lamy, président émérite de l'Institut Jacques Delors, a rappelé le rôle perturbateur de la Chine et les défis qu'il pose au système multilatéral.

Il a également mis en exergue un phénomène de « précautionnisme », différent du protectionnisme en ce qu’il cherche à protéger les citoyens des risques, y compris environnementaux. Cette tendance mènera à une mondialisation plus fragmentée qui, à court terme, bénéficiera davantage aux États plus riches au détriment des économies plus pauvres.

À ce propos, Mme Javorcik et M. Lamy ont appelé à réfléchir aux relations commerciales entre l’Afrique et l’Europe.

L'économiste de la BERD a d'ailleurs souligné que, si la crise économique rendait plus aigus les besoins en financement du commerce (surtout en assurance commerciale), cette offre s’était affaiblie, menaçant ainsi les échanges de marchandises, notamment dans les pays en développement (EUROPE 12518/24).

Tout rapatriement de la production (‘reshoring’) doit donc être « calibré » et l’UE devra accomplir un travail d’équilibriste pour trouver le juste milieu.

M. Lamy a aussi appelé à fixer le prix du carbone en ligne avec ses externalités négatives.

D’après l’ancien directeur général de l’OMC, le multilatéralisme doit aussi tendre vers du « polylatéralisme » pour laisser également la place à d'autres acteurs, non étatiques. (Hermine Donceel)

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