Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, mardi 16 juin, les États membres à mobiliser plus de moyens et de renseignement pour l’opération EunavforMed Irini, afin de la renforcer encore davantage.
Celle-ci bénéficie d’un navire grec et de trois avions luxembourgeois, polonais et allemand. Selon M. Borrell, l’Italie a aussi annoncé que le navire amiral allait rejoindre l’opération. Mais cela reste insuffisant : l’opération précédente, Sophia, disposait de cinq navires. Des discussions sont également en cours pour établir une nouvelle coopération entre Irini et l’OTAN. M. Borell a espéré un accord à ce sujet « dans les prochains jours ».
Le Haut Représentant a cependant estimé que, s’il est « certain qu'elle pourrait faire plus et mieux », Irini remplissait déjà les objectifs pour lesquels elle a été créée.
Depuis son lancement, l’opération avait pris contact avec des navires à plus de 130 reprises, dont 29 en relation avec l’embargo sur le pétrole. « L'opération recueille des informations impliquant des acteurs des deux côtés de ce conflit et donne déjà des résultats », a précisé M. Borrell. Il a donc nié que l’opération serait au désavantage du gouvernement d’entente nationale et de son allié turc. Sur les 130 prises de contact, « tous ces bateaux n’appartenaient pas à la Turquie et on a détecté un transfert d’avions militaires, qui sont maintenant près de Benghazi et qui ne sont pas du tout des forces aériennes turques », a-t-il précisé.
Le Haut Représentant est aussi revenu sur le refus, fin mai, par un navire « suspect » détecté par satellite, battant pavillon tanzanien et escorté par des navires turcs, de répondre à une prise de contact. Selon cette escorte, le bateau transportait du matériel médical en Libye. « Nous avons considéré que, conformément au droit de la mer, nous ne pouvions rien faire de plus que transmettre les informations à l'ONU », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)