La Commission européenne a défendu, mardi 16 juin, son action de surveillance des agissements de la police croate aux frontières avec la Serbie ou la Bosnie-Herzégovine, après les révélations du quotidien britannique The Guardian selon lesquelles elle aurait cherché à cacher des informations gênantes au Parlement européen.
Le journal a révélé des courriers électroniques internes dans lesquels la Commission s’inquiétait du potentiel scandale que créerait son choix de ne pas divulguer entièrement un rapport sur le manque d’engagement de la Croatie envers un mécanisme de surveillance à la frontière. Avant de répondre au PE, un fonctionnaire avait averti un collègue que le fait que le gouvernement croate n'ait pas utilisé l'argent alloué à la police des frontières serait « certainement considéré comme un 'scandale' ».
Or, cet échange interne a été envoyé par erreur à Clare Daly (GUE/NGL, irlandaise), explique la Commission, qui rejette toute tentative de dissimulation de l’information. Le rapport ne pouvait être transféré car il était « incomplet », dit la Commission.
Son « intention a toujours été, et reste, la mise en place d'un mécanisme de surveillance des frontières totalement indépendant en Croatie ». Au moment des échanges avec Mme Daly, la « Commission était en train d'assurer le suivi avec les autorités croates afin de recevoir tous les détails ».
Une fois remis par Zagreb, le rapport n’a pas non plus été modifié. La Commission l'analyse toujours. Zagreb a toujours l’intention de mener cette mission de surveillance. (Solenn Paulic)