Les ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN devraient se préparer, mercredi 17 et jeudi 18 juin, lors de leur réunion par visioconférence, à une nouvelle vague de Covid-19.
Selon le Secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, les ministres devraient adopter un nouveau plan opérationnel permettant de renforcer la coordination et de la rendre plus rapide. Ils devraient aussi se mettre d’accord sur un stock de matériel médical pour fournir une assistance immédiate aux pays membres et aux pays partenaires. Enfin, un fonds pour l’acquisition de fournitures médicales essentielles va être créé.
« Ces trois éléments réunis nous permettront de renforcer notre réponse à une éventuelle deuxième vague de la pandémie. Pour que l'aide essentielle arrive au bon endroit au bon moment », a précisé M. Stoltenberg devant la presse, mardi 16 juin.
Les ministres de la Défense devraient aussi discuter de résilience, notamment dans des secteurs critiques tels que l'énergie, les transports et les télécommunications. Les ministres devraient se mettre d’accord sur la mise à jour de leurs lignes directrices nationales en matière de résilience, avec un accent particulier sur les menaces liées à la cybernétique, à la sécurité des chaînes d'approvisionnement et à la propriété et le contrôle d'entreprises par des intérêts étrangers.
La réunion portera également sur la dissuasion et la défense de l’Alliance, y compris sa réponse aux nouveaux missiles nucléaires russes. Les ministres pourraient, selon M. Stoltenberg, s’accorder sur un paquet « substantiel et équilibré » de mesures politiques et militaires pour y répondre. Cela inclut le renforcement des défenses antiaériennes et antimissiles, le renforcement des capacités conventionnelles avancées et l’adaptation des exercices et des renseignements pour relever les nouveaux défis, a-t-il détaillé.
Le secrétaire général a cependant prévenu que l’Alliance n’avait pas l'intention de déployer de nouveaux missiles nucléaires terrestres en Europe, pas plus que de se lancer dans une nouvelle course à l’armement qui ne profiterait à personne. Il a appelé tous les acteurs, « y compris la Russie et la Chine », à s’engager de manière constructive dans une maîtrise des armements, un désarmement et une non-prolifération efficaces.
Enfin, les ministres discuteront des missions et des opérations de l’OTAN, notamment en Afghanistan et en Irak.
Discussion attendue sur la présence américaine en Allemagne
Sans être officiellement à l'agenda, la situation en Libye et l’annonce du retrait de troupes américaines en Allemagne devraient être abordées. Le 15 juin, le président américain a annoncé qu'il souhaitait réduire de moitié la présence américaine dans le pays, pour y laisser 25 000 hommes.
Sur ce point, le secrétaire général a rappelé que la présence américaine en Europe était bonne pour les États-Unis, car cela leur permettait de projeter leur pouvoir au-delà des États-Unis. Il a précisé que les États-Unis n’avaient pas encore précisé quand et comment la décision serait appliquée.
De son côté, l’ambassadrice américaine auprès de l’OTAN, Kay Bailey Hutchison, a estimé qu’il fallait avoir une vue d’ensemble, rappelant que l’engagement américain avait augmenté ces dernières années en Europe, notamment en Pologne et dans les pays baltes. (Camille-Cerise Gessant)