Les carburants liquides à faible teneur en carbone pourraient permettre au secteur des transports de contribuer à l’objectif de neutralité climatique de l’Union européenne d’ici 2050, ainsi que réduire les émissions de CO2 de 100 millions de tonnes (Mt) d’ici 2035, selon un schéma directeur de décarbonation proposé, lundi 15 juin, par FuelsEurope, une organisation représentant l’industrie européenne du raffinage du pétrole.
« En complément de l’électrification et des technologies de l’hydrogène, les carburants liquides à faible teneur en carbone seront essentiels tout au long de la transition énergétique et au-delà de 2050 », a ainsi estimé le directeur général de FuelsEurope, John Cooper.
À ses yeux, ce type de carburants permettra en effet la décarbonation de secteurs où il n’existe actuellement aucune autre alternative technologique : l’aviation, le transport maritime et, dans une large mesure, les secteurs des poids lourds.
Dans le schéma proposé, il faudrait que la première usine opérant à une large échelle industrielle pour la production de carburants liquides à faible teneur en carbone voie le jour au plus tard en 2025.
Une fois opérationnelles, les premières nouvelles usines produiraient jusqu’à 30 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) de carburants à faible teneur en carbone d’ici 2030, avec un coût d’investissement estimé entre 30 et 40 milliards d’euros.
D’ici 2050, selon le scénario et l’évolution des coûts technologiques, jusqu’à 150 Mtep pourraient être produits avec des investissements cumulés compris entre 400 et 650 milliards d’euros, indique FuelsEurope.
Interrogé par EUROPE, M. Cooper nous a expliqué que le terme ‘carburants liquides à faible teneur en carbone’ désignait ici des combustibles liquides durables d’origine non pétrolière, dont la production et l’utilisation n’entraînent aucune émission de CO2 ou très peu par rapport aux combustibles fossiles.
L’ensemble des technologies habilitantes pour ces carburants comprend les biocarburants durables de première génération, l’hydrogénation des huiles végétales/déchets et résidus, la biomasse liquide, les biocarburants avancés et e-fuels ainsi que les technologies de capture et de stockage (CCS) et l’hydrogène propre appliqué dans les raffineries, précise FuelsEurope.
Voir le document de FuelsEurope : https://bit.ly/2AGe7a8 (Damien Genicot)