Les eurodéputés de la commission ‘Emploi et Affaires sociales’ (EMPL) ont insisté, mardi 26 mai, durant un débat avec le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, et la Présidence croate du Conseil de l'UE, pour protéger au mieux les travailleurs saisonniers et frontaliers dans le cadre du Covid-19. Dans ce cadre, ils ont réclamé au plus vite l’adoption de la révision du règlement portant dispositions communes.
D’une manière générale, les eurodéputés se sont dits profondément inquiets des conditions de travail des travailleurs saisonniers (qui sont 17 millions, selon le commissaire Schmit) et frontaliers (1,5 million) durant la crise, nombre d'entre eux ne pouvant accéder à leur travail et ayant à faire face à des difficultés liées à la coordination de leurs régimes nationaux.
Dans ce cadre, le rapporteur sur le règlement de coordination des systèmes de sécurité sociale, Gabriele Bischoff (S&D, allemande), Dragoș Pîslaru (Renew Europe, roumain) ou encore la présidente de la commission parlementaire, Lucia Duriš Nicholsonová (CRE, slovaque), ont insisté sur la nécessité de reprendre les négociations au plus vite sur ce texte législatif, qui est en souffrance depuis décembre 2019 (EUROPE 12387/18).
Josip Aladrović, le ministre du Travail et du Régime des pensions, au nom de la Présidence croate du Conseil de l’UE, a reconnu que le texte était particulièrement complexe et a dit être en contact régulier avec les délégations nationales pour essayer d’avancer sur le dossier. Selon lui, toutefois, les efforts pour trouver un compromis doivent se faire des deux côtés, semblant renvoyer la balle au Parlement européen.
Aucune réunion de négociation interinstitutionnelle ne s’est tenue durant la crise du Covid-19. Il y eut un temps des velléités pour reprendre les négociations durant la fin du mois de mai, mais celles-ci ont été suspendues le temps d’en savoir un peu plus sur les propositions de la Commission européenne pour le prochain cadre financier pluriannuel et le plan de relance (voir autres nouvelles).
Début mai, l’équipe de négociation sur la coordination des systèmes de sécurité sociale avait adressé une lettre aux ministres nationaux chargés de l’Emploi en amont du Conseil Emploi et Politiques sociales, les exhortant à reprendre les négociations sur le texte législatif (EUROPE 12480/31).
D'une manière générale, les intervenants sont tombés d'accord pour dire que la crise mettait en lumière les failles de la mobilité européenne et que celles-ci devaient être comblées au plus vite. Sur ce point, le commissaire Schmit a dit entendre l'appel des eurodéputés, mais a précisé que le droit européen était là ; il ne restait donc plus aux États membres et partenaires sociaux qu'à veiller à sa bonne mise en œuvre. (Pascal Hansens)