La Commission européenne entend bel et bien renforcer la politique de santé publique au sortir de la crise du Covid-19. Parmi les initiatives présentées mercredi 27 mai, elle suggère en effet de consacrer 9,37 milliards d'euros à un nouveau programme de santé, EU4Health.
Elle propose aussi d'accélérer la recherche, de constituer une réserve d'équipements stratégiques ainsi que de renforcer les agences de santé de l'UE.
Un programme spécifiquement dédié à la santé
Il y a deux semaines, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait annoncé devant les eurodéputés son intention de créer un nouveau programme de santé. De retour dans l'hémicycle, elle a matérialisé ses promesses en annonçant la création d'un programme substantiel dans le cadre du plan de relance Next Generation EU.
Cela représente un changement substantiel dans la position de la Commission : non seulement celle-ci abandonne l'idée de fondre l'actuel 'programme santé' dans le Fonds social européen (FSE+), mais elle augmentera substantiellement la dotation financière de ce programme en y consacrant une somme près de 23 fois supérieure à celle qui était prévue au départ.
En effet, alors qu'avant la crise, la Commission avait prévu de consacrer, entre 2021 et 2027, 413 millions d'euros à la santé, contre 449,4 millions entre 2014 et 2020, elle propose désormais une dotation de 9,37 milliards €, dont 7,7 milliards issus de Next Generation EU et le reste du budget européen. Baptisé EU4Health, cet instrument - qui sera financé notamment par des subventions - contribuera à garantir que l'Union dispose des capacités critiques pour réagir rapidement et à l'échelle nécessaire aux futures crises sanitaires.
Renforcer l'EMA et l'ECDC
Parmi les autres propositions ayant trait à la santé publique, la Commission européenne annonce son intention de renforcer les programmes rescEU (capacité stratégique) et Horizon Europe (recherche).
Elle fait également savoir qu'elle renforcera l'Agence européenne des médicaments afin d'éviter les pénuries et qu'elle donnera un rôle plus important au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dans la coordination de la surveillance, de la préparation et de la réponse aux crises sanitaires.
Enfin, elle confirme son projet de présenter une stratégie pharmaceutique au quatrième trimestre 2020 et non cet été, comme cela avait été un temps envisagé.
Réactions positives
Ces initiatives ont été saluées tant par les associations de santé que par le Parlement européen, à qui la présidente de la Commission européenne avait réservé la primauté de ses annonces. « Ce qui était encore un rêve hier est devenu réalité, dans la mesure où la santé publique reçoit enfin la reconnaissance qu'elle mérite dans le nouveau plan de relance européen », a réagi sur Twitter Sascha Marschang, secrétaire général faisant fonction de l'Alliance européenne pour la santé publique (EPHA). Nathalie Colin-Oesterlé (PPE, française), rapporteur du PE sur les pénuries de médicaments, s'est également réjouie des propositions de la Commission, en phase avec son rapport. (Sophie Petitjean)