La New Economics Foundation (NEF) et l'organisation Our Fish ont appelé l'UE et ses États membres, mercredi 29 avril, à « inclure la fin de la surpêche dans leurs lois sur le climat ». Une nouvelle étude, à l’appui de cette requête, montre que les pays de l'UE ont dépassé les limites de captures de poissons de 8,78 millions de tonnes au cours des vingt dernières années (EUROPE 12191/10).
Selon l'analyse publiée par la NEF, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal, les Pays-Bas et l'Allemagne figurent en haut de la liste des pays pratiquant la surpêche. Ces pays affichent, selon les données, le plus grand pourcentage de quotas supérieurs aux niveaux scientifiquement conseillés sur une période de 20 ans (35%, 24%, 23%, 23% et 22% respectivement).
Le Royaume-Uni, le Danemark et l'Espagne sont les pays qui ont les tonnages excédentaires les plus importants (1,78 million de tonnes, 1,48 million de tonnes et 1,04 million de tonnes respectivement).
Si l'UE respectait son engagement de mettre fin à la surpêche et de reconstituer les stocks de poissons, « elle pourrait créer plus de 20 000 nouveaux emplois, nourrir 89 millions de personnes et générer 1,6 milliard d'euros de recettes annuelles supplémentaires », a estimé Griffin Carpenter, chercheur à la NEF. Il est d’avis que « pour assurer la durabilité des mers, les ministres de la Pêche de l'UE doivent respecter la législation communautaire en suivant les avis scientifiques » lorsqu’ils fixent les quotas de pêche en fin d’année.
Le rapport montre aussi qu'entre 2001 et 2020, en moyenne, six totaux admissibles de captures (TAC) sur dix ont été fixés au-dessus des niveaux recommandés dans les avis scientifiques. Si le pourcentage de TAC fixés au-dessus des avis a diminué tout au long de cette période (de 39% à 10% dans l'ensemble des eaux de l'UE), la proportion de TAC fixés au-dessus des avis a connu une baisse moins importante, passant de huit TAC sur dix à cinq sur dix.
Pour consulter l’analyse : https://bit.ly/2y9mY2R (Lionel Changeur)