Dans une déclaration commune publiée ce mardi 28 avril, Alessandra Pierucci, présidente du 'Comité de la Convention 108 du Conseil de l'Europe sur la protection des données', et Jean-Philippe Walter, Commissaire du Conseil de l'Europe à la protection des données, mettent en garde contre les effets pervers de l'emploi des applications de suivi numérique préconisées dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.
Leur but est « de contribuer à la réflexion en cours dans de nombreux pays » en rappelant que « là où ces solutions sont choisies, des garanties juridiques et techniques rigoureuses devront être prévues pour atténuer les risques d'atteintes aux données à caractère personnel et à la vie privée ». Ces applications mobiles peuvent permettre de reconstituer les chaînes d'infection avec une rapidité qui correspond à celle du virus, notent-ils, mais, si elles sont déployées, elles devront l'être sur une base volontaire et durant une période limitée. Elles devront en outre présenter « dès leur conception, des spécificités qui permettent, par exemple, de garantir la non-utilisation des données de localisation de personnes, l'impossibilité d'une identification directe ou de toute nouvelle identification ».
« La pandémie crée des défis communs sans précédent qui exigent notre plus grand engagement et notre plus grande prudence », concluent Alessandra Pierucci et Jean Philippe Walter. Le suivi numérique implique des « risques sociétaux et juridiques prévisibles » que l'on ne peut négliger avant de « mettre en œuvre de telles mesures à l'échelle de la population ». Et ce, d'autant plus que la pandémie ne connaissant pas de frontières, l'interopérabilité entre les systèmes nationaux qui s'imposera ne pourra se faire que sous de strictes conditions de sécurité en matière de transfert de données.
Voir la déclaration commune: https://bit.ly/35aaap4 (Véronique Leblanc)