Aux crises sanitaire et économique engendrées par la pandémie de Covid-19 s’ajoutent désormais des risques de cybersécurité accrus, selon un nouveau rapport publié vendredi 27 mars par Europol. C’est désormais principalement en ligne que sévissent les criminels, qui ont rapidement compris comment exploiter la crise au profit de nouvelles activités criminelles.
Selon le rapport, le nombre de cyberattaques ayant eu lieu pendant la crise est élevé et devrait encore augmenter, étant donné le nombre croissant d'employeurs instaurant le télétravail et autorisant les connexions aux systèmes de leurs organisations.
Les attaques vont parfois jusqu’à cibler les hôpitaux (EUROPE 12455/13), à l’instar de celle qui a touché l'hôpital universitaire de Brno, en République tchèque, obligeant l'hôpital à reporter des interventions chirurgicales urgentes et à rediriger de nouveaux patients en phase aigüe vers un hôpital voisin, prévient Europol.
Les schémas de fraude sont, eux aussi, amenés à évoluer. Si, jusqu'ici, les criminels continuent d'utiliser des systèmes traditionnels de fraude ajustés à la pandémie, comme des escroqueries à l’investissement dans des actions liées à l’évolution du Covid-19 ou encore des escroqueries proposant des décontaminations de logements, Europol s’attend à la mise en place rapide de nouveaux systèmes de fraudes tentant de tirer davantage parti des peurs des citoyens européens.
Sans surprise, la vente d'équipements de protection et de produits pharmaceutiques contrefaits a bondi depuis le début de la crise, aussi bien en ligne que hors ligne. Plus de 34 000 masques chirurgicaux contrefaits ont été saisis, entre le 3 et le 10 mars 2020, par les autorités policières du monde entier, dans le cadre de l'opération PANGEA soutenue par Europol, indique le rapport.
Certaines évolutions, telles que la distribution de faux kits de dépistage à domicile, sont particulièrement inquiétantes du point de vue de la santé publique, souligne-t-il.
Europol observe par ailleurs une hausse des recherches de contenu pédopornographique en ligne depuis le début de la crise ainsi qu'une intensification de messages sur des forums à l'intention d'enfants, que les prédateurs sexuels s'attendent à voir plus vulnérables en raison des mesures de confinement, d'une moindre surveillance parentale parfois et surtout d'une plus grande exposition en ligne.
Voir le rapport : https://bit/ly/2xvyDYW (Marion Fontana)