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Bulletin Quotidien Europe N° 12411
POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

La Commission européenne veut passer à la vitesse supérieure dans la gestion des débris spatiaux

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a souligné, durant son discours de clôture de la Conférence spatiale de l’UE, mercredi 22 janvier, sa volonté d’avancer sur la surveillance de l’espace (Space situational awareness - SSA) au niveau européen pour pouvoir, à terme, instaurer un système de gestion du trafic spatial européen et peser dans les négociations au niveau mondial.

« La connaissance de la situation spatiale pour éviter les collisions et les débris sur les principaux satellites, c'est quelque chose que nous devons gérer, mais qui sera difficile à gérer seuls », a annoncé M. Breton, qui considère qu’il faut coopérer au niveau mondial sur la question du trafic spatial (en anglais Space Traffic Management - STM). Or, pour coopérer, il faut « avoir quelque chose à offrir » a-t-il analysé, considérant qu’il fallait agir « très rapidement » au niveau européen, soulignant « l'extrême importance » du sujet.

Et le commissaire d’indiquer que le SSA constituait ainsi un projet précurseur en vue d’un système de gestion du trafic spatial européen, qui pourrait « peut-être » devenir un jour un élément d’un système mondial.

Un enjeu majeur pour la sécurité des programmes spatiaux européens

La surveillance de l’espace, qu’est-ce ? Il s’agit en premier lieu d’établir un catalogue des objets fabriqués par l’homme qui gravitent autour de la terre grâce à une série de senseurs au sol, mais aussi de suivre les objets géocroiseurs ou encore la météo spatiale, selon les missions définies par l’Union européenne. À terme, cette surveillance évoluerait vers l’introduction d’un cadre de gestion du trafic spatial, même si la notion reste encore floue pour l’heure.

Car la situation en orbite basse est de plus en plus inquiétante. Déjà aujourd’hui, a expliqué Rolf Densing, directeur des opérations à l’ESA, le Centre européen d’opération spatiale (ESOC) reçoit en moyenne une centaine d’alertes de collision par jour avec un débris ou un autre satellite en opération ou non - environ 3000 satellites non opérationnels orbitent autour de la terre à l’heure actuelle et moins de 2000 sont opérationnels.

Toutes les deux semaines, une manœuvre est réalisée pour éviter une collision, a poursuivi le scientifique. Problème : chaque manœuvre est réalisée sur les carburants à bord des satellites. « Or, contrairement à une voiture, dans l’espace on ne peut pas faire le plein d’essence », a ironisé M. Densing. Conséquence : chaque manœuvre pour éviter une collision écourte un peu plus l’espérance de vie du satellite.

La situation risque de s’aggraver, a-t-il poursuivi, avec des acteurs comme SpaceX, qui prévoit d’envoyer respectivement 12 000 satellites d’ici 2020. La gestion des collisions, actuellement réalisée pour ainsi dire « manuellement », sera alors complètement dépassée. D’où la nécessité d’élaborer une carte des débris et satellites, puis d’instaurer des systèmes automatiques d’évitement en s'appuyant sur des données et des systèmes d'intelligence artificielle.

L'Europe à la traîne 

Les États-Unis ont pris les devants en la matière, en adoptant, durant l’été 2018, une directive dédiée au ‘Space Traffic Management’. Une course normative mondiale débute et l’Union européenne prend du retard.

Il y a bien le consortium SST, regroupant 8 États (France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Pologne, Portugal et Roumanie), ou encore le projet pilote, lancé à l’initiative de l’eurodéputé Marian Marinescu (PPE, roumain), sur le Space Traffic Management, doté d’un million d’euros. Il y a aussi l’Agence spatiale européenne (ESA), qui a obtenu à Séville près de 500 millions d’euros pour son programme Space & Safety.

Toutefois, cartographier l’espace reste un projet hautement sensible pour les États membres, car cela permettrait de connaître tous les satellites actifs, civils comme militaires, nous a-t-on expliqué, ce qui pourrait poser des problèmes de sécurité et de défense.

Certains envisagent déjà que l’Agence du GNSS européen (GSA), qui deviendra bientôt l'Agence de l’UE pour le programme spatial avec l'adoption du règlement pour le programme spatial, pourrait récupérer les opérations STM en vertu de l’article 30 dudit règlement (EUROPE 12035/3). (Pascal Hansens)

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