Les ONG Zero Waste Europe (ZWE) et Reloop Platform ont mis en garde, le 22 janvier, contre des risques d'échappatoires dans la directive 'Plastique à usage unique' entrée en vigueur en juillet dernier. Ces échappatoires, liées à la définition du plastique et à l'interprétation de la directive, pourraient nuire à l'objectif de cette législation qui vise à réduire les impacts environnementaux des produits plastiques à usage unique et à stimuler l'économie circulaire.
Les ONG se fondent sur une étude d'Eunomia Research & Consulting analysant l'impact environnemental du lyocell et de la viscose utilisés dans les lingettes humides. Il s'agit de deux polymères naturels qui n'ont pas été modifiés chimiquement et sont, à ce titre, exclus du champ d'application de la directive.
Or, selon l'étude, il n'y a pas suffisamment de preuves pour établir que ces matériaux n'auront pas un impact aussi néfaste sur l'environnement qu'un produit en plastique synthétique.
« Exclure du champ d'application de la directive des matériaux ayant des impacts environnementaux similaires pourrait inciter les fabricants à opter pour des substitutions de matériaux qui les dispenseraient de devoir financer le coût du nettoyage, du transport et du traitement des déchets, ainsi que le coût des activités de sensibilisation », soulignent les ONG.
Selon elles, pour éviter la substitution des matériaux et obtenir un impact réel sur l'économie et l'environnement par le plan d'action pour l'économie circulaire, la Commission devrait mettre en œuvre une approche des produits et des déchets qui ne se rapporte pas spécifiquement aux matériaux, mais qui soit systémique. Elles recommandent d'aller au-delà des impacts du plastique à usage unique pour inclure tous les produits à usage unique et de créer un cadre législatif pour les opérations de réutilisation prévoyant une transition organisée des applications à usage unique vers des systèmes durables et efficaces.
L'étude souligne l'importance des discussions en cours sur la définition du plastique pour déterminer quels produits à usage unique entrent dans le champ d'application de la directive. Voir le rapport à la page : http://bit.ly/2sQn1xM (Aminata Niang)