Djakarta est passée des mots à l’acte en demandant, le 9 décembre, des consultations au titre du mécanisme de règlement des différends (OMC), a confirmé la Commission européenne à EUROPE, lundi 16 décembre. La Commission a souligné cependant que cette décision n’entachait pas sa conviction que les accusations indonésiennes sur le commerce des produits de l’huile de palme avec l’UE sont infondées.
Les Indonésiens s'en prennent surtout à la directive de l’UE sur les énergies renouvelables, qui établit des objectifs en matière d'énergies renouvelables et fixe des critères pour déterminer la contribution des biocarburants à la réalisation de ces objectifs. Entré en vigueur début juin, l’acte délégué définissant les matières premières destinées à la production de biocarburants à haut risque de changement indirect d’affectation des sols (ILUC) vise principalement à limiter le recours à l’huile de palme dans le biodiesel dans l’UE d’ici 2030, perçue comme cause d'une déforestation massive en Indonésie (EUROPE 12300/13, 12213/26).
Pour Djakarta, premier producteur mondial d’huile de palme, ces mesures sont discriminatoires.
Mais pour l'UE, « cela fait partie intégrante de nos politiques vertes », a expliqué à EUROPE un porte-parole de la Commission européenne.
« L'UE est convaincue que les mesures contestées par l'Indonésie sont conformes aux obligations de l'OMC ». Elle est par conséquent prête « à défendre cette position lors des consultations ». (Hermine Donceel)