De nombreux ministres de l’Agriculture des pays de l’UE ont réclamé, lundi 16 décembre à Bruxelles, que la politique agricole commune (PAC) post-2020 soit dotée de fonds suffisants pour faire face aux défis environnementaux et climatiques, surtout dans le contexte du nouveau ‘pacte vert européen’ (EUROPE 12371/2). Les ministres ont aussi confirmé leurs divergences sur les propositions sur la PAC post-2020.
Le Conseil 'Agriculture' adoptera sa position sur la future PAC après les résultats des débats sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027.
La Présidence finlandaise du Conseil a présenté au Conseil 'Agriculture' son rapport sur l'état des travaux sur le dossier de la réforme de la PAC.
La France a estimé que les débats sur le CFP avancent et que le premier semestre de 2020 sera décisif. La nouvelle PAC doit avoir les moyens pour réaliser la transition écologique, a rappelé le ministre français Didier Guillaume. Il a plaidé pour un budget de la PAC après 2020 « fort, qui, en euros constants, reste au niveau de l’UE à 27 ». Ce pays a aussi demandé de revaloriser les aides directes et de prévoir un plafond unique de 15% pour les aides couplées (qui conservent un lien avec les niveaux produits).
L’Autriche, Chypre, la Hongrie et la Slovénie, notamment, ont aussi demandé le maintien au niveau actuel du budget futur de la PAC.
La Lituanie a demandé une convergence totale des aides directes des agriculteurs.
La Grèce a demandé d'exclure les petits agriculteurs du système des contrôles et des sanctions.
La Belgique s’est montrée préoccupée par les négociations en cours sur le CFP de l’UE pour 2021-2027. « La PAC ne doit pas servir de monnaie d’échange dans les débats budgétaires », selon la ministre belge.
Le ministre espagnol, lui, a défendu un pourcentage unique de dépenses agricoles en faveur du climat et de l’environnement. Par ailleurs, il a demandé de la flexibilité pour réagir en cas de crise (révision du stockage privé de l’huile d’olive), notamment dans le contexte des sanctions américaines (EUROPE 12390/9).
L'Italie a demandé de la flexibilité sur les mesures en faveur du climat.
Le Danemark et la Suède ont demandé un pourcentage obligatoire de dépenses agricoles affectées au climat. Le Danemark s'est opposé à la 'convergence externe' (entre les pays) des aides.
L’Estonie s’est montrée ouverte aux suggestions de la Présidence finlandaise sur le plafonnement des aides aux grandes entreprises. La ministre allemande Julia Klöckner s'est prononcée contre le plafonnement et la dégressivité des aides directes, tout comme la République tchèque.
L'Allemagne et les Pays-Bas ont demandé un budget minimum pour les dépenses PAC consacrées à l'environnement.
La Hongrie a demandé un ‘écorégime facultatif’ (programme écologique dans le premier pilier de la PAC), alors que la France souhaite que ce dispositif soit obligatoire.
Le ministre polonais a déploré : « nous n’avançons pas beaucoup. Il n’y a rien de nouveau » dans le débat sur la PAC. L’érosion des sols est un grand problème, a-t-il dit.
Le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojchiechowski, a estimé que « tous les agriculteurs nécessitent un meilleur budget ». Il a défendu un budget pour la PAC qui soit « adapté aux défis » environnementaux et climatiques. Le commissaire a aussi plaidé pour le développement de la production biologique (plan d’action pour « donner un élan » à ce secteur). Il a exprimé ses préoccupations au sujet de la concentration des terres agricoles (problème de l’accès limité aux terres). « Je souhaite réviser la législation de l’UE en la matière », a souligné Janusz Wojchiechowski, qui demande des mesures pour faciliter l’accès aux terres pour les véritables agriculteurs.
Le commissaire présentera aussi une initiative sur une stratégie à long terme (2050) sur le développement rural.
Pour consulter le rapport de la Présidence finlandaise sur la PAC : http://bit.ly/35smJeI (Lionel Changeur)