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Bulletin Quotidien Europe N° 12390
INSTITUTIONNEL / Hongrie

Les États membres saisis de la polémique née du déroulement au Conseil de l'UE de l'audition sur l'État de droit

La polémique autour de la démarche du porte-parole du gouvernement hongrois, Zoltan Kovacs, de commenter, plus tôt dans la semaine, le contenu de la récente audition sur le respect de l'État de droit dans son pays ne s'est pas calmée (EUROPE 12387/3).

Bien au contraire : elle sera portée au niveau des ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper) « la semaine prochaine », a indiqué la ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen, vendredi 13 décembre via Twitter.

La ministre avait demandé, mardi 10 décembre, des explications rapides au gouvernement hongrois concernant cette violation potentielle de procédure. Le porte-parole avait en effet commenté sur son compte Twitter chaque prise de position des États membres lors de cette audition de deux heures centrée sur trois thèmes spécifiques (indépendance du judiciaire, liberté des médias, liberté académique). Une attitude que la ministre avait jugée « choquante » et qui avait également choqué les autres délégations.

Dans sa réponse, le gouvernement hongrois, par la voix de Gergely Gyulas, ministre porte-parole du Premier ministre, Viktor Orban, n’apporte pas les explications demandées. Il estime au contraire, lui aussi, que le Conseil de l’UE se livre à des violations de procédure, notamment lorsqu’il permet de tenir une seconde audition alors que la Hongrie a contesté l’ouverture de l’article 7 et lancé une procédure d’annulation ; la Présidence finlandaise a en outre manqué à son devoir de neutralité en mettant à l’ordre du jour une seconde audition qui a intégré des problématiques nouvelles qui ne figuraient pas dans le rapport du PE.

Le responsable estime aussi « choquant » à son niveau que, pendant ces auditions, certains États membres fassent preuve d’une méconnaissance totale de « faits très basiques » concernant la Hongrie, ne permettant pas une audition « impartiale ». Il déplore aussi que les États membres fassent écho aux critiques émises par des ONG, notamment, l’Open society de Georges Soros.

Et le responsable d’ajouter que Budapest n’accepte pas les accusations d’antisémitisme que la ministre finlandaise a suggérées mardi.

Sans surprise, la ministre finlandaise a jugé cette réponse « insuffisante » et « incomplète ». Elle juge même « très grave » le fait que le gouvernement hongrois puisse mettre en doute la confidentialité des débats du Conseil, accusé également par M. Gyulas d'avoir fait fuiter des documents internes sur cette audition. Elle se tournera vers le service juridique du Conseil pour étudier les possibles prochaines étapes. (Solenn Paulic)

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