La victoire du parti conservateur aux élections législatives garantit la sortie du Royaume-Uni de l’UE le 31 janvier. Mais elle ne promet pas grand-chose d’autre.
« Réaliser le Brexit », a inlassablement répété le Premier ministre britannique, Boris Johnson, durant la campagne électorale. Et grâce aux 364 sièges décrochés par son parti (326 sont nécessaires pour obtenir une majorité), le Brexit sera bientôt une affaire conclue. « Le Brexit adviendra désormais », a déclaré Guy Verhofstadt, l’ancien dirigeant du parti ALDE et coordinateur du Parlement pour le Brexit. Il a toutefois ajouté que l’UE doit maintenant se concentrer sur « la construction d’un nouveau partenariat étroit, juste et durable avec la Grande-Bretagne ».
Pour sa part, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, reste prudent. « La prochaine étape consiste à ratifier l’accord de retrait, qui garantit l’absence de frontière dure entre le Nord et le Sud et la protection de la zone commune de circulation », a-t-il expliqué aux journalistes à Bruxelles. M. Johnson a promis d’organiser un vote sur l’accord durant le mois de décembre, mais cette promesse semble difficile à tenir puisqu’il ne reste qu’une semaine avant Noël.
« Nous attendons, dès que possible, un vote du Parlement britannique », a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel. « Il est important d’y voir clair, dès que possible ». Mais c’est la prochaine phase de négociations que les dirigeants de l’UE préparent vraiment. « Nous allons désormais poursuivre les discussions sur notre séparation. Nous avons 11 mois pour parvenir à un accord. Cela ne nous laisse pas beaucoup de temps », a avancé le Premier ministre suédois, Stefan Lofven, jeudi soir.
Le problème des dirigeants de l’UE est de savoir s’ils peuvent ou non faire confiance à M. Johnson et attendre de lui qu’il négocie de bonne foi. Il a déjà indiqué qu’il ne se conformerait pas à une quelconque disposition relative à des règles de jeu équitables dans un futur accord commercial, ce qui complique la conclusion rapide d’un accord. Ils seront également attentifs aux relations que le Premier ministre britannique entretiendra avec les États-Unis. Le président Donald Trump a chaleureusement félicité M. Johnson sur Twitter, évoquant une « formidable VICTOIRE ». « La Grande-Bretagne et les États-Unis seront désormais libres de conclure un nouvel accord commercial massif après le BREXIT. Cet accord a le potentiel d’être beaucoup plus important et plus lucratif que tout accord qui pourrait être conclu avec l’UE. Félicitations Boris ! », a-t-il affirmé.
Selon Mujtaba Rahman, analyste du groupe Eurasia, M. Johnson ne devrait pas prolonger la période de transition au-delà de décembre 2020 ; une décision qu’il devra prendre d’ici juin de l’année prochaine. En d’autres termes, le risque d’un Brexit « dur » en janvier 2021 est toujours bien réel. (Version originale anglaise par Sarah Collins)