La chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, ont appelé les Libyens et la communauté internationale à faire preuve de retenue et à dialoguer, vendredi 13 décembre, en marge du Conseil européen.
« Les dirigeants appellent tous les Libyens et toutes les parties internationales à s'abstenir de toute action militaire, à s'engager véritablement en faveur d'une cessation globale et durable des hostilités et à s'engager à nouveau dans des négociations crédibles menées par l'ONU », ont-ils souligné dans une déclaration publique, publiée à l’issue d’une réunion trilatérale.
Selon la chancelière allemande, le Royaume-Uni serait en ligne avec les trois pays.
Devant la presse, Mme Merkel a estimé qu’il devenait « évident, à ce stade, que la Libye est une guerre par procuration ». « Aucune des parties ne peut agir seule. C'est pourquoi nous nous sentons appelés à faire des progrès politiques aussi rapidement que possible », a-t-elle ajouté.
« Nous voulons relancer notre diplomatie », a confirmé M. Conte devant les médias. Les dirigeants ont ainsi réaffirmé leur détermination à œuvrer pour le succès de la Conférence de Berlin, « qui doit avoir lieu sans plus tarder », saluant les efforts de leurs ministres à cet égard.
« Les organisations régionales telles que l'Union africaine et la Ligue des États arabes joueront un rôle important dans la mise en œuvre concrète des résultats et le suivi de la Conférence de Berlin », ont-ils aussi espéré.
Cette conférence, qui, selon M. Macron, « permettra de franchir une nouvelle étape », devrait se tenir début 2020 dans la capitale allemande.
Les trois dirigeants rappellent également qu’« une paix durable et la stabilité en Libye seront seulement possibles via une solution politique » et soulignent leur soutien à l’ONU et à son envoyé spécial, Ghassan Salamé.
L’ONU a récemment dénoncé plusieurs violations de l'embargo sur les armes instauré en 2011. La Jordanie et les Émirats arabes unis fourniraient des armements aux troupes du général Haftar, alors que la Turquie en enverrait au gouvernement d'union nationale (GNA). Toujours selon l’ONU, des groupes armés du Soudan et du Tchad auraient participé en 2019 à des combats en Libye.
Des médias mentionnent aussi la présence de mercenaires russes.
Voir la déclaration des trois pays : http://bit.ly/2RKczlE (Camille-Cerise Gessant)