login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12364
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Nouvel appel grec à la solidarité des États membres alors que la situation dans les îles de la mer Égée se détériore

Le nouveau ministre grec de la Protection des citoyens, Michalis Chrisochoidis, a lancé un appel aux membres de la commission des libertés civiles du Parlement européen pour qu’ils exhortent leurs gouvernements à aider son pays, en particulier pour gérer la situation dramatique des migrants dans les îles grecques.

Dans un échange de vues, mercredi 6 novembre, sur la situation migratoire en Grèce, mais aussi en Turquie, le ministre a notamment évoqué l’appel qu’il a lancé à ses homologues ministres de l’Intérieur pour relocaliser et accueillir chez eux une partie des 4 000 mineurs non accompagnés qui se trouvent actuellement en Grèce, la plupart étant « hébergés dans des structures indignes de l’UE ». Or, selon le ministre, « on n'a reçu qu’une seule réponse ! » « Donc, je lance un appel pour mobiliser tous les gouvernements, toute la société civile pour régler ce problème ».

Le ministre a expliqué les actions du nouveau gouvernement de droite pour remédier à l’encombrement des centres d’accueil dans les îles grecques. Une nouvelle loi vise à raccourcir les procédures d’examen des demandes d’asile, qui peuvent parfois prendre jusqu’à 3 ans - a expliqué le ministre - et respecte les prescriptions de la déclaration UE/Turquie de mars 2016, qui repose notamment sur le renvoi en Turquie de demandeurs d’asile syriens.

Le ministre a fait part de l’aggravation de la situation dans les îles et de la hausse des arrivées avec des « centaines d’arrivées par jour ». La « distance entre les côtes turques et les îles grecques que sont Lesbos, Samos ou Chios est très courte ; en 13 minutes à peine, on peut traverser ». Et si les flux depuis la Turquie étaient encore gérables jusqu’à juillet de cette année, « depuis août, ils ont augmenté d’environ 120% », a ajouté le ministre grec, évoquant même « un tsunami » de personnes vers la Grèce, un terme très peu apprécié dans les rangs de gauche.

« Ces deux dernières semaines, environ 4 000 personnes ont été transférées depuis les îles vers le centre du pays pour désengorger les îles », a précisé le ministre, qui a noté que 3 000 autres personnes avaient « débarqué quasiment pendant la même période ».

La situation est « très mauvaise », a reconnu Paraskevi Michou, la directrice générale aux Affaires intérieures de la Commission européenne, mais la Grèce n’a pas été laissée seule et a reçu jusque 2 milliards d’euros d’aide avec des « agents permanents » sur place d’Europol, de l'EASO ou de Frontex. Elle a reconnu que la Commission avait demandé à la Grèce de changer ses lois pour accélérer les procédures. « Si je demande aux Pays-Bas, et je l’ai fait, combien de temps il faut pour clôturer un examen de demande d’asile, ils répondent 3 mois dans la plupart des cas ; on peut faire mieux que 2 ou 3 ans ! »

Alors que la Grèce prévoit le transfert de 20 000 personnes (il y en a déjà 14 000 dans le camp de Moria à Lesbos) depuis les îles vers le continent, la Commission a estimé qu’il fallait déplacer en priorité les gens qui ont droit à la protection internationale et être prudent sur le profil des personnes déplacées.

Pour la déclaration UE/Turquie, Mme Michou a admis que le système fonctionnait moins bien depuis l’été, mais « ça ne veut pas dire qu’il ne fonctionne pas ! » Il faut à cet effet continuer à parler avec les Turcs pour améliorer les choses, la Turquie étant d’ailleurs elle-même dans une situation difficile. « Chaque semaine, ils interceptent 4 000 personnes qui veulent aller en Grèce ». La responsable a annoncé à cet effet que l'UE préparait une nouvelle enveloppe de 50 millions d'euros dont une partie servira aux garde-côtes turcs pour gérer les flux.

Pour le ministre grec, il est essentiel de mieux faire fonctionner cette déclaration, notamment dans les retours de migrants vers la Turquie, mais il faut en garder les principes de base, à savoir : l’accueil des réfugiés syriens sur le sol turc et l’aide européenne en contrepartie.

Le fonctionnement de la déclaration UE/Turquie a d’ailleurs aussi fait l'objet de discussions, mercredi, parmi les eurodéputés, inquiets que les 6 milliards d’euros versés puissent servir à des objectifs détournés dans le nord de la Syrie.

La Commission n’a pu que leur assurer qu’aucun centime n’allait directement dans les caisses turques, sinon pour le remboursement de dépenses pour des écoles ou les soins des réfugiés, l’essentiel de l’argent étant pour les agences sur place ou les ONG comme la Croix-Rouge. (Solenn Paulic)

Sommaire

REPÈRES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
BRÈVES