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Bulletin Quotidien Europe N° 12285
ACTION EXTÉRIEURE / G20

à Osaka, les Européens défendent leur modèle

À Osaka, les dirigeants européens promeuvent une « troisième voie » européenne, libre-échangiste, basée sur des valeurs - sans être « naïve ». C'est ce qui ressortait, notamment, de la conférence de presse conjointe, depuis l’Extrême-Orient, vendredi 28 juin, des présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker.

Promotion de la vision européenne

Tous deux ont en effet vanté les mérites et les succès de l’Union.

« Malgré les incertitudes économiques, l’économie européenne poursuit sa croissance stable et durable (…) nous sommes maintenant dans la septième année consécutive de croissance économique », s’est félicité M. Juncker.

Soulignant la signature, dimanche 30 juin, d’un nouvel accord de libre-échange avec le Vietnam (EUROPE 12282/11), il a souligné que l’UE était le premier partenaire commercial de 80 pays, promouvant les valeurs européennes, mais défendant également ses intérêts.

À ce titre, M. Juncker a, une nouvelle fois, appelé les États membres de l’UE à agir pour adopter enfin un instrument international sur les marchés publics ('IPI'), qui vise à assurer une meilleure réciprocité dans l'accès à ces marchés à l’étranger : « cela prouve que nous nous défendons si les autres ne respectent pas les règles » (EUROPE 12220/112212/20). 

Réformer l'OMC

Le président de la Commission européenne a appelé le G20 à travailler de manière « coopérative » pour soutenir la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec les États-Unis, la Chine et le Japon en particulier, afin d’assurer des conditions plus équitables sur la scène commerciale multilatérale face à des économies non marchandes (voir autre article OMC).

« La scène mondiale ne peut devenir une arène où les plus forts dicteront leurs conditions aux plus faibles, où l’égoïsme l'emportera sur la solidarité et où les émotions nationalistes l'emporteront sur le sens commun », a prévenu le président Tusk. « Nous devons comprendre que nous avons une responsabilité, non seulement pour nos intérêts, mais surtout pour la paix et un ordre mondial sûr et juste ».

Jean-Claude Juncker a également rappelé à la presse les engagements européens en faveur du climat et des finances durables dans les prochaines décennies. Finalement, le Président Tusk est monté au créneau à la défense du libéralisme : « Je suis fermement en désaccord avec le Président Poutine, qui considère le libéralisme obsolète. Ce que je trouve vraiment obsolète, c'est l'autoritarisme, les cultes de la personnalité et le règne des oligarques », a-t-il déclaré en réponse à des propos récents du président russe.

Une déclaration à nouveau sous pression

À Osaka, depuis mardi, les négociateurs européens ont repris leur bâton de pèlerin pour obtenir du sommet une déclaration qui réponde à un critère qui préserve les acquis du précédent sommet, à Buenos Aires, de novembre 2018 (EUROPE 12151/17, 12150/16). 

Vendredi 28 juin, la dernière version semblait proche de satisfaire ces attentes, avec toutefois encore de nombreuses incertitudes, sur le climat (voir autre article), sur le commerce, sur la migration et sur l’acier, selon des sources européennes. (Hermine Donceel et Martin Molko)

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