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Bulletin Quotidien Europe N° 12150
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ACTION EXTÉRIEURE / G20

Des pourparlers à l'image des tensions multilatérales

Les discussions troublées sur la déclaration finale ont offert un reflet fidèle de l'état des relations économiques internationales en cette fin d'année 2018 : le sommet du G20, qui a eu lieu à Buenos Aires, vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre, s'est réuni dans un contexte international toujours tendu avec, en toile de fond, la menace de nouvelles sanctions américaines sur les voitures. 

Les pourparlers sur la déclaration finale du sommet, laquelle a été réduite à un minimum record de trois pages, se sont avérés plus que jamais complexes, d'après des sources européennes. On y a vu deux puissances commerciales majeures, les États-Unis et la Chine, adopter des positions divergentes et l'Union européenne agir en médiatrice entre les deux parties et en championne du multilatéralisme. 

Ces discussions ont en effet suivi deux trajectoires parallèles avec, d'une part, l'Union européenne, les États-Unis et le Japon, et de l'autre l'Union européenne, la Chine, l'Inde et le Canada. Les sherpas européens sont largement venus en appui de la présidence argentine pour essayer de faire émerger un compromis sur le texte. 

Parmi les points d'achoppement notables, qui n'avaient pu encore être résolus vendredi 30 novembre, les paragraphes ayant trait aux questions commerciales, y compris le préambule rappelant l'attachement des 20 au multilatéralisme et à un ordre international fondé sur des règles. Si le G20 a acté la nécessaire réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), aucun consensus ne se dégage encore sur la voie à suivre (EUROPE 12139). Une référence appelant à résister au protectionnisme n'avait toujours pas pu être entérinée (EUROPE 12144). 

La chancelière allemande, Angela Merkel, retardée par des problèmes d'avion, était finalement attendue à Buenos Aires en fin de journée. Elle devrait y rencontrer ses homologues américain et chinois lors de rencontres bilatérales afin de faciliter un consensus sur les questions commerciales. 

Dans la déclaration finale, les parties butent aussi sur le langage du paragraphe faisant référence aux migrations et à la situation des réfugiés. 

Si le paragraphe sur le climat n'a pas encore été approuvé, un compromis se dégagerait toutefois, qui ferait référence à l'Accord de Paris tout en notant le choix de certains pays de ne pas y souscrire. 

Pour les Européens, les lignes rouges sont connues : « pas de marche arrière sur le climat, le commerce, dont l'acier, le rôle de l'OMC et des organisations internationales », prévient une source européenne. « On jugera si le contenu du communiqué est acceptable à la lumière de tout ce qui s’y trouvera au final. » 

Le Groupe des vingt principales économies mondiales, est composé de l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l'Union européenne. (Hermine Donceel)

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