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Bulletin Quotidien Europe N° 12150
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Mais comment vendre l’accord du Brexit ?

Un nouveau référendum est pressenti alors que Theresa May tente de vendre « son » accord sur le Brexit au Royaume-Uni et ailleurs. Mais elle ne parvient pas à convaincre, aussi bien sur son territoire qu’à l’étranger (EUROPE 12146, 12145).

Après avoir essayé (et largement échoué) de rassurer les agriculteurs gallois, les unionistes nord-irlandais et les pêcheurs écossais cette semaine, Mme May devrait déclarer aux dirigeants du G20 que le traité sur le Brexit est « un bon accord » pour l’économie mondiale. « L’accord sur le Brexit que nous avons convenu ouvre la voie vers un meilleur avenir pour le Royaume-Uni », a-t-elle déclaré avant la réunion du G20, où elle participera à des entretiens bilatéraux avec les dirigeants de l’Argentine et du Chili afin de promouvoir les liens commerciaux post-Brexit

Mme May a déployé plusieurs ministres de son gouvernement, y compris les partisans du Brexit Michael Gove, Liam Fox et Andrea Leadsom, pour obtenir le soutien du public avant le vote du 11 décembre sur l’accord. Mais selon un récent sondage Daily Mail/Survation, 43 % des personnes interrogées préféreraient rester dans l’UE plutôt que de la quitter sans accord (28 %) ou d’accepter l’accord actuel (16 %).

Et les mathématiques du Parlement britannique, les seuls chiffres qui comptent désormais, sont plus insondables que jamais. Tout ce que nous savons avec certitude est que Mme May a besoin de 320 votes pour faire passer l’accord. Le Daily Telegraph note que 100 députés conservateurs (sur 315) se sont désormais « élevés » contre l’accord, mais ils ne transformeront pas nécessairement cette opposition en votes. 257 députés travaillistes avancent que l’accord n’a pas passé leurs « six tests », ce qui rend l’organisation d’un second référendum « inévitable » (du moins selon le chancelier de l’Échiquier du cabinet fantôme, John McDonnell). Si le vote échoue, le gouvernement menace de convoquer le Parlement durant les vacances (bien que, en soi, cette démarche nécessiterait une majorité à la Chambre des Communes). 

Mme May dispose de quelques options si elle perd le vote : elle peut demander plus de temps pour modifier l’accord (avec un second vote de la Chambre des Communes en janvier ou durant l’été), accepter une « absence d’accord » sur le Brexit ou organiser un second référendum et/ou des élections législatives. Aucune de ces options n’est particulièrement attrayante. 

Pour commencer, l’UE ne tient pas à rouvrir l’accord. Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a ainsi déclaré cette semaine que « le temps des négociations est terminé » (EUROPE 12149). Des responsables et des diplomates continuent de souligner le caractère unique de cet accord, même si Mme May perd le vote de décembre. De plus, tout changement apporté nécessiterait probablement des concessions de la part du Royaume-Uni pour obtenir l’appui de la France et de l’Espagne (sur la pêche et Gibraltar, respectivement), comme le président français Emmanuel Macron l’a précisé dimanche dernier. 

Des députés travaillistes soutiennent une modification du projet de loi de retrait déposé par Hilary Benn, président du comité restreint sur le Brexit, qui a appelé les membres de la Chambre des Communes à rejeter l’accord et à « permettre à la Chambre de partager son point de vue sur ce qui devrait arriver ultérieurement »

Mme May pourrait également demander une extension de l’article 50, ce qui lui donnerait quelques mois supplémentaires, probablement jusqu’à l’été, selon certaines sources de l’UE, pour vendre l’accord dans son pays. Cette option a récemment été débattue par les diplomates de l’UE, et ce, à maintes reprises. 

Toutefois, disposer de plus de temps ne portera de fruits que si Mme May perd par une courte majorité en décembre, estiment des analystes d’Eurasia Group. Si elle devait faire face à une lourde défaite à la Chambre des Communes, ses seules options seraient alors l’« absence d’accord », des élections législatives ou un second référendum... à moins que le plan « Norvège Plus », défendu par le député conservateur Nick Boles, ne récolte davantage de soutien. 

Des responsables de l’UE émettent un avis « positif » sur cette option, selon certaines sources, mais il est peu probable qu’elle soit acceptée par les partisans du Brexit, étant donné qu’elle signifierait la poursuite de la libre circulation et qu’elle ne permettrait pas au Royaume-Uni de « reprendre le contrôle » des négociations commerciales avec les pays tiers. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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