Deux tendances sembleraient se dessiner au sein du groupe GUE/NGL quant à son positionnement au sein de l’échiquier politique du nouveau Parlement européen, mercredi 5 juin à l’issue de la troisième réunion interne depuis les élections européennes.
Une première tendance, issue plutôt de l’aile droite du groupe, représentée principalement par Syriza et Die Linke, souhaiterait éviter d’être marginalisée par les autres groupes du PE, et coopérer avec les sociaux-démocrates et les écologistes.
Structurée autour des partis membres du mouvement paneuropéen ‘Maintenant le peuple’ (comprenant La France insoumise, Podemos, et les partis de gauche scandinave), une autre tendance veut que le groupe s’inscrive durablement dans l’opposition, pour devenir en quelque sorte « le poil à gratter » de la grande coalition qui se dessine.
Selon les dernières projections du PE et différentes analyses internes, une coalition probable pourrait rassembler autour des groupes PPE, ALDE&R et S&D (EUROPE 12264/2). Les groupes Verts/ALE pourraient y être associés. Une hypothétique alliance progressiste autour des groupes ADLE&R, S&D, Verts/ALE, et GUE/NGL ne permettrait pas d’atteindre la majorité absolue.
Déclaration commune. Les différents partis membres de la GUE/NGL ont commencé à discuter également de la déclaration commune, nécessaire depuis l’adoption du rapport ‘Corbett’ modifiant le règlement intérieur du Parlement européen (EUROPE 12184/7).
Cette déclaration devrait être assez consensuelle et se fonder sur trois grands piliers : les droits des travailleurs, la lutte contre le changement climatique et le féminisme. Le groupe devrait s'en tenir à une structure confédérale même si certains députés souhaiteraient revoir les règles internes du groupe politique pour rendre l’action du groupe plus cohérent.
Taille du groupe. Le groupe pourrait intégrer deux nouveaux députés irlandais. Il était attendu que le groupe soit rejoint d’une nouvelle recrue animaliste du Portugal, mais celle-ci aurait préféré rejoindre le groupe Verts/ALE en raison d’un accord avec le parti vert national. Les deux animalistes néerlandais et allemands resteraient au sein de la GUE/NGL toutefois. Néanmoins, la GUE/NGL devrait rester le plus petit groupe au sein du PE.
Présidence. Aucun nom n’a fuité pour l’heure pour les différents postes clés et notamment pour prendre la succession de l'Allemande Gabi Zimmer, l’actuelle présidente du groupe depuis mars 2012.
Les négociations seront conclues dans les semaines à venir dans le cadre d’un « paquet global », a dit une source interne. De l’avis de certains, le futur président de groupe ne doit pas nécessairement venir de la plus grande délégation nationale. Tel fut notamment le cas avec le Français Francis Wurtz (PCF), qui avait présidé le groupe de 1999 à 2009.
Les discussions reprendront mercredi prochain. (Pascal Hansens)