La recherche et la bioéconomie sont au cœur de la nouvelle politique agricole, selon le Conseil 'Agriculture', qui a aussi décidé, mardi 4 juin à Bucarest, de ne pas conclure en juin sur la politique agricole commune (PAC) post-2020 (voir autre nouvelle).
Lors de leur réunion informelle du 2 au 4 juin, à Bucarest, en Roumanie, les ministres de l’Agriculture de l’UE ont débattu des propositions sur la future PAC et des initiatives à prendre en matière de recherche et de bioéconomie.
Mardi, Petre Daea, le ministre roumain de l’Agriculture, a souligné devant la presse que les délégations ont demandé, lors du débat, des politiques « solides » pour garantir la transmission vers les agriculteurs des connaissances et des résultats de la recherche. Il a insisté sur les défis de la nouvelle PAC en la matière (numérisation, intégration du secteur primaire dans la chaîne de valeur).
Les ministres de l’Agriculture de l'UE avaient déjà discuté de ce sujet de la bioéconomie en mars dernier (EUROPE 12217/10).
L’eurodéputé Paolo De Castro (S&D, italien), qui a participé aux débats, a salué l'augmentation de l’enveloppe consacrée à la recherche en agriculture. Il a également déclaré qu’il espérait qu’après l’arrêt de la Cour de justice, l’UE aurait l’occasion de préciser les choses sur l’innovation dans le domaine de la génétique (sujet des nouveaux OGM, EUROPE 12255/12).
De grandes ambitions en matière de bioéconomie. « Nous avons de grandes ambitions pour les prochaines années en matière de recherche et d’innovation en agriculture et en matière de bioéconomie », a déclaré le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan. Il a rappelé que la Commission avait proposé, pour la période 2021-2027 du cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE, un budget de 10 milliards d'euros pour la recherche et l'innovation dans les domaines de l'alimentation, de la bioéconomie, des ressources naturelles, de l'agriculture et de l'environnement. « Nous avons mis l'innovation au centre de la nouvelle PAC et nous avons mis à jour la stratégie de l'UE en matière de bioéconomie », a souligné le commissaire.
Il a également déclaré, devant les ministres, que le développement de la bioéconomie « offre un énorme potentiel de création d’emplois et peut s'avérer un élément essentiel du maintien de communautés rurales viables pour les générations futures ». Selon lui, la nouvelle PAC modernisée « donnera aux États membres une marge de manœuvre suffisante pour définir les outils et les stratégies les mieux adaptés à leurs besoins ».
Les pays d’Europe centrale et orientale à la traîne. M. Hogan a reconnu, comme la Présidence roumaine, que l’innovation sera particulièrement cruciale pour les pays d’Europe centrale et orientale. « Ces pays ont un potentiel énorme de production de produits alimentaires et non alimentaires pour la bioéconomie. Mais ce potentiel reste largement inexploité ». Beaucoup d’entre eux « sont à la traîne » en terme d’innovation, en matière de recherche et leur participation aux programmes-cadres de recherche « reste faible », a expliqué le commissaire.
PAC post-2020. Le ministre roumain, Petre Daea, a salué les progrès réalisés au Conseil sur les trois règlements sur la PAC post-2020 (plans stratégiques, organisation commune de marché, règlement horizontal), mais a reconnu que la plupart des ministres souhaitent attendre les résultats des négociations sur le budget 2021-2027 avant de parvenir à une position commune sur la PAC post-2020 (voir autre nouvelle). La Présidence roumaine présentera donc un rapport d’étape lors du Conseil 'Agriculture' du 18 juin.
Phil Hogan a admis aussi que les États membres souhaitent attendre de connaître le contenu du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 avant de prendre position sur la future PAC. La prochaine Présidence du Conseil (Finlande) reprendra les travaux sur la PAC post-2020. « J’espère que nous disposerons d'un bon budget pour la PAC » après 2020, a conclu M. Hogan. (Lionel Changeur)