Le président et le premier vice-président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et Frans Timmermans, ont salué, mardi 4 juin, « l'engagement du gouvernement roumain à ne pas poursuivre les réformes judiciaires controversées et à reprendre immédiatement le dialogue dans le cadre du mécanisme de coopération et de vérification (MCV), afin de faire avancer les réformes judiciaires et de lutter contre la corruption ».
Les deux responsables européens se sont exprimés à l’issue d’une rencontre à Bruxelles avec la Première ministre roumaine, Viorica Dăncilă, alors que les relations entre la Commission et Bucarest se sont tendues suite à une série de mesures très décriées, ayant pour effet d’affaiblir la lutte contre la corruption dans le pays. La Commission avait même menacé, en mai, d'ouvrir le Mécanisme sur l'État de droit qui remplacerait le MCV en place depuis 2007.
Les deux responsables ont, en ce sens, réaffirmé mardi à Mme Dăncilă que « la Commission est prête à collaborer avec les autorités roumaines afin de trouver des solutions aux problèmes liés à l'État de droit et de reprendre les progrès réalisés dans le cadre du MCV », selon un communiqué.
Ces derniers jours, la Première ministre roumaine avait annoncé vouloir rétablir la sérénité dans le pays et mettre un terme aux mesures judiciaires les plus controversées, comme les lois d’amnistie pour les crimes de corruption. Son parti, le PSD, a été défait aux élections européennes et le président roumain Klaus Iohannis a gagné son référendum d’initiative visant à freiner les réformes.
Il a également été question des résultats des élections européennes, lors de cette rencontre, et « de l'excellent travail accompli par la Présidence roumaine jusqu'à présent, clôturant plus de 100 dossiers, dont certains importants, tels que les garde-frontières et les garde-côtes européens, l'Autorité européenne du travail, le droit d'auteur et la directive 'gaz' ».
La question de l’État de droit sera une priorité de la Présidence finlandaise, qui devrait remettre le sujet à l’agenda du Conseil 'Affaires générales', potentiellement dès juillet. Un temps évoquées, les procédures 'Article 7' concernant la Pologne et la Hongrie ne seront finalement pas à l'agenda du Conseil 'Affaires générales' du 18 juin. (Solenn Paulic)