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Bulletin Quotidien Europe N° 12247
INSTITUTIONNEL / Pe2019

L’extrême droite européenne sur la voie de la coopération

À quelques semaines des élections européennes, les chefs des partis d’extrême droite partout en Europe multiplient les rencontres et les annonces de coopération. Vendredi 3 mai, plusieurs d'entre eux étaient réunis à Sofia pour plaider, à nouveau, en faveur d'un raz-de-marée populiste et conservateur au Parlement européen. 

Et ils s’y voient déjà. Pour le Tchèque Radim Fiala, coprésident du SPD, ces élections seront un « référendum sur la politique de l’UE ». Le Slovaque, Ľudovít Goga, membre de Sme Rodina, en est sûr, les alliés de l'Europe des Nations pourraient devenir la « deuxième force la plus large au sein du Parlement européen ». 

« Partout en Europe, des partis puissants et parfois au pouvoir partagent nos idées. Nous établissons les mêmes constats, partageons les mêmes solutions. C’est en toute logique que nous constituerons une alliance pour une nouvelle harmonie européenne », a pour sa part déclaré la Française du Rassemblement national, Marine Le Pen. 

L’annonce de la semaine fut surtout celle du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, de sa volonté d’avoir un Pacte européen sur la question migratoire avec le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini (EUROPE 12246/26). 

« Nous recherchons clairement une coopération avec M. Salvini, sous une forme qui devra être définie », a déclaré, jeudi 2 mai à Budapest, le dirigeant hongrois dont le parti, le Fidesz, a été suspendu du Parti populaire européen (EUROPE 12218/8). 

M. Salvini s’est en effet donné pour mission de rassembler tous les partis d'extrême droite en Europe afin de constituer un groupe le plus large possible au Parlement européen après les élections européennes. 

Il a déjà fait signer plusieurs « accords de coopération » pour une « Europe du bon sens ». Les partis signataires y font part de leur « intention » de « rejoindre le projet patriotique commun qui a été lancé le 8 avril 2019 à Milan, où les représentants de la Lega, Alternative pour l’Allemagne (AfD), Vrais Finlandais et du Parti populaire danois ont annoncé leur collaboration après les élections européennes du 23-26 mai » (EUROPE 12231/7). 

« L'Alliance constituera un groupe politique au Parlement européen après les élections dans le but d'unir les forces patriotiques et conservatrices du PE qui sont actuellement réparties entre différents groupes [ENL, ELDD et CRE, NDLR] », peut-on lire. 

Dans une vidéo diffusée le 30 avril sur Twitter, la vice-présidente du groupe ENL au PE, la Britannique Janice Atkinson, a indiqué qu’« au moins treize Nations » avaient signé l’accord de coopération de Matteo Salvini et a espéré, qu’après les élections, le groupe ENL élargi compterait peut-être quinze délégations nationales différentes. Actuellement, le groupe ENL compte 36 eurodéputés issus de huit pays : Autriche, Belgique, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne et Royaume-Uni. 

Le coprésident du groupe ENL, le Français Nicolas Bay, a lui aussi espéré, dans une autre vidéo, une entrée massive des partis d’extrême droite au Parlement européen. Parmi les alliés de l’Europe des Nations, il mentionne les Néerlandais du Parti pour la liberté (PVV), les Flamands du Vlaams Belang, les Slovaques de Sme Rodina, les Tchèques du SPD, les Bulgares de Volya, mais aussi des partis actuellement au pouvoir comme les Italiens de la Lega, les Autrichiens du FPÖ et les Estoniens du parti EKRE. 

« Cette Europe des Nations, cette Europe des coopérations et des protections, ça n’est pas simplement un slogan, ça n’est pas simplement un mot d’ordre, c’est devenu une réalité bien concrète, à l’échelle continentale », a-t-il estimé. (Marion Fontana)

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