Les ministres européens chargés de l'Économie et de l'Industrie sont globalement tombés d’accord sur la nécessité de tout mettre en œuvre pour aboutir à terme à une économie neutre en carbone, lors d’une réunion informelle qui s’est tenue à Bucarest, vendredi 3 mai.
Ils ont aussi insisté sur la nécessité de trouver un juste équilibre entre enjeux environnementaux et compétitivité pour préserver le tissu industriel européen, et notamment celle basée sur une forte consommation d’énergie.
C’est ce qu’a mis en avant la commissaire au Marché intérieur et à l’Industrie, Elżbieta Bieńkowska. Devant la presse, elle a cité un ministre, qui avait rappelé durant les échanges que l’industrie à haute intensité énergétique serait, à l’avenir, au front de la lutte contre les dérèglements climatiques. Toutefois, selon ce ministre, il ne faut pas que l'industrie de l'UE le soit au détriment de sa propre compétitivité.
La commissaire a rappelé que la Commission européenne allait présenter, fin 2019, un plan détaillé pour soutenir l’industrie européenne – en lien avec les conclusions du dernier Conseil européen (EUROPE 12218/4).
Les échanges tenus durant le déjeuner, qui était entièrement dédié au secteur industriel à haute intensité énergétique, auraient été consensuels. Certains ministres ont souligné la nécessité d’inclure la question de ces industries dans le cadre des politiques en matière d’énergie, notamment pour ce qui est des matières premières et du prix de l’énergie, a expliqué une source.
Plusieurs délégations auraient aussi mis en exergue l’importance que la politique environnementale tienne compte de cette industrie. Ce point sera débattu lors du Conseil ‘Compétitivité’, le 27 mai.
Les ministres ont également discuté de la nécessité de mettre en place un système de formation et d’éducation plus entrepreneurial et axé sur les compétences numériques.
Ils ont également discuté du marché intérieur et de la manière de soutenir les PME et les start-up. Durant les échanges, la plupart des ministres ont salué l’adoption du règlement relatif au respect et à la mise en place des règles européennes, qui jouera un rôle clé pour renforcer le bon fonctionnement du marché intérieur (EUROPE 12184/21).
En conférence, la commissaire a souligné que le plus grand danger pour l’économie européenne n’était pas le changement climatique, mais bien la fragmentation du marché intérieur, rappelant qu’au niveau international, l’Union devait faire face à des « économies continents ». (Pascal Hansens)