La Commission européenne a approuvé sous conditions, mercredi 20 mars, l’acquisition d’Asco par Spirit, au regard des règles du droit de l’Union en matière de concurrence.
Tant Spirit (établie aux États-Unis) qu’Asco (basée en Belgique) sont actives dans le secteur de l’équipement aérospatial et présentes au niveau mondial. À la suite d’une première notification le 17 septembre 2018, retirée, puis d’une seconde, le 30 janvier, la Commission s’est penchée sur les effets de l’opération sur la concurrence.
Elle a ainsi considéré que l’acquisition ne poserait pas de problème concernant les relations verticales en matière d’approvisionnement et les marchés où les activités des entreprises se chevauchent au niveau horizontal.
En revanche, l’institution craignait initialement que l’opération réduise significativement la concurrence sur le marché mondial des dispositifs de bords d’attaque, qui permettent aux aéronefs de réduire leur vitesse, tout particulièrement pour ce qui est des becs de bords d’attaque. Les deux entreprises sont présentes à différents niveaux de la chaîne d’approvisionnement concernant ces dispositifs et la Commission redoutait qu’elles puissent coordonner leurs agissements à la suite de l’opération telle qu’envisagée dans un premier temps.
Pour dissiper les inquiétudes de l’institution, Spirit a proposé de modifier la structure d’une entreprise, Belairbus, dont est membre Asco et de ne plus conférer à cette dernière un rôle de plateforme commerciale et technique dans le cadre de négociations avec Airbus. Ce, alors que Belairbus gère aujourd’hui les aspects commerciaux de contrats de fourniture à Airbus de dispositifs de bords d’attaque.
En outre, les deux entreprises ont proposé de mettre en place des mécanismes assurant que des informations sensibles détenues par Sonaca, l’un des partenaires d’Asco au sein de Belairbus, ne soient pas transmises à la future entreprise commune.
Sous réserve du respect de ces engagements, la Commission a validé le projet d’acquisition au vu des règles du droit de la concurrence de l’UE. (Lucas Tripoteau)