La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a dénoncé, jeudi 21 février, les dernières décisions judiciaires en Turquie.
« La détention de journalistes, de parlementaires, de défenseurs des droits de l'homme et d'universitaires, souvent sans inculpation, pour avoir exercé un droit personnel et professionnel à la liberté d'expression, n'est pas conforme aux obligations de la Turquie », a-t-elle prévenu dans un communiqué.
« Les retards systématiques, les détentions sans preuve suffisante et les poursuites pénales à l'encontre des personnes exerçant leur droit fondamental à la liberté d'expression et de réunion jettent de sérieux doutes quant au respect du principe de la présomption d'innocence et du droit à un procès équitable dans le processus judiciaire en Turquie », a-t-elle ajouté.
Ainsi, selon la porte-parole, les mises en accusation annoncées le 20 février contre l’homme d’affaires et mécène Osman Kavala, accusé de 'tentative de renversement du gouvernement' pour son soutien aux manifestations anti-Erdoğan et contre 15 autres personnes « soulèvent des questions quant à l'adhésion de la justice turque aux normes internationales et européennes ». « L'utilisation des manifestations du parc Gezi en 2013 pour réclamer des peines d'emprisonnement à perpétuité manque de crédibilité, crée un climat de peur et décourage la tenue d'assemblées pacifiques », a-t-elle critiqué.
La porte-parole du SEAE a également mis en avant les condamnations prononcées en appel le 18 février contre quatorze journalistes du journal Cumhuriyet. Six vont devoir retourner en prison et les autres vont pouvoir se pourvoir en cassation et rester libres jusque-là. Ces condamnations vont à l'encontre des principes de liberté d'expression et de liberté des médias, pierres angulaires de toute société démocratique, a-t-elle insisté. (Camille-Cerise Gessant)