Inquiète des conséquences du décret-loi italien sur la protection internationale, l’immigration et la sécurité publique adopté en novembre 2018, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, a écrit fin janvier au Premier ministre italien, Giuseppe Conte, pour obtenir des clarifications du gouvernement italien sur les mesures envisagées afin d’assurer la continuité des services essentiels aux demandeurs d’asile et aux personnes bénéficiant d’une protection humanitaire.
L’accès à l’accueil et à des services tels que les soins de santé et l’éducation doivent être préservés, insiste-t-elle dans sa lettre rendue publique jeudi 7 février, en regrettant particulièrement « la hâte apparente » avec laquelle des personnes ont été transférées suite à la fermeture du Centre d’accueil de Castelnuovo di Porto (Rome).
La précipitation de la démarche, note-t-elle, « pourrait perturber les efforts louables mis en place ces dernières années par les services locaux pour l’intégration et la réadaptation des résidents, et en particulier les soins spéciaux fournis aux plus démunis ».
La Commissaire souligne également la nécessité de préserver les droits fondamentaux des personnes secourues en mer. Elle se dit « profondément préoccupée par certaines mesures récentes qui entravent et criminalisent le travail des ONG […] en interdisant le débarquement dans des ports italiens ».
Comme ses prédécesseurs, Mme Mijatović continuera de faire pression sur les pays de l'UE afin que l’Italie et les autres pays d’arrivée ne soient pas laissés seuls face à la question migratoire. Mais elle exhorte l’Italie à veiller à ce que les droits humains de personnes sauvées en mer ne soient jamais mis en danger à cause des désaccords actuels entre les États membres de l’Union européenne.
« Les considérations humanitaires doivent rester prioritaires », conclut-elle. (Véronique Leblanc)