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Bulletin Quotidien Europe N° 12105
POLITIQUES SECTORIELLES / CompÉtitivitÉ

Les ministres européens reconnaissent l'importance de s'engager sur l'intelligence artificielle

Les ministres européens de l'Industrie partagent l'urgence de la Présidence autrichienne du Conseil en matière d'intelligence artificielle (IA). 

Lors d'un tour de table organisé jeudi 27 septembre, ils ont en effet reconnu le besoin d'encourager l'innovation, de stimuler les investissements et d'adapter la formation. Ils ont aussi appelé à régler les questions éthiques et se sont réjouis d'une stratégie coordonnée future. 

Questions éthiques et stratégies nationales

La stratégie publiée au printemps en matière d'intelligence artificielle jette les bases du travail à accomplir au niveau européen (EUROPE 12009). 

Lors du débat, la commissaire chargée du Marché intérieur, Elżbieta Bieńkowska, a rappelé que ce cadre prévoit : - la publication de lignes directrices en matière d'éthique d'ici à fin 2018 ; - une évaluation des critères de responsabilité et de sécurité pour l'IA, l'Internet des objets et la robotique d'ici la mi-2019. 

Mme Bieńkowska a également confirmé l'intention de la Commission de publier, en décembre, un plan coordonné sur le développement de l’IA en Europe afin d'identifier des synergies entre les initiatives nationales et stimuler les investissements (EUROPE 12043). 

Lors du tour de table, certaines délégations nationales ont précisé leurs attentes vis-à-vis de ces initiatives spécifiques. Ainsi, sur les lignes directrices en matière d'éthique, l'Italie a insisté pour que la fixation de nouvelles 'normes éthiques' soit confiée au parlement « pour que la souveraineté populaire puisse s'exprimer ». « L'autoréglementation d'acteurs mondiaux ne peut être la solution », a-t-elle estimé. 

L'idée d'un plan coordonné sur le développement de l'IA, confirmé par le président de la Commission européenne lors de son discours sur l'état de l'Union, a été relativement bien accueillie par les ministres présents. La France s'est notamment targuée d'avoir déjà lancé sa stratégie nationale tandis que l'Allemagne et l'Italie ont affirmé que la leur verrait le jour respectivement « en décembre » et « dans les prochains mois ». 

La politique industrielle numérique en débat

Le tour de table ministériel a également été l'occasion d'aborder des questions plus vastes liées à la politique industrielle numérique. 

Plusieurs États membres - à l'instar de l'Autriche et du Portugal - ont estimé important de ne pas confondre « réglementer et étrangler » l'entrepreneuriat. La France a réagi en se posant la question de l'articulation entre 'ouverture' et 'réglementation' : « Faut-il les opposer ou l'Union européenne, lorsqu'elle parvient à être prescriptrice de normes qui deviennent internationales, fait aussi jouer là un avantage compétitif dans cette compétition mondiale ? », a commenté le représentant permanent adjoint, Fabrice Dubreuil. La Lituanie, elle, a insisté sur le risque de fragmentation au sein de l'UE, en fonction des moyens. 

Le Royaume-Uni a rappelé que la numérisation de l'économie ne connaît pas de frontière et qu'après le Brexit, au printemps 2019, il espérait un « nouveau modèle de coopération réglementaire ». 

Cet échange de vues a fait suite à la réunion informelle de juillet du Conseil 'Compétitivité' consacrée au potentiel de l’intelligence artificielle pour l'industrie européenne (EUROPE 12063). 

Cette fois, l'échange était public et accueillait deux invités, à savoir Ulrich Schuh du Groupe sur la compétitivité et la croissance, qui a insisté sur l'importance d'une bonne coopération, et Mic Hirschbrich, entrepreneur sur l'intelligence artificielle, qui a appelé l'UE à mettre en place une nouvelle culture de la donnée. (Sophie Petitjean)

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