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Bulletin Quotidien Europe N° 12105
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

En France, l'exaspération vis-à-vis de la complexité de l'Europe s'exprime lors des consultations citoyennes

Avec 850 consultations citoyennes labellisées, le débat en France sur l'avenir de l'Europe va bon train, estiment les autorités françaises. Et il fait ressortir deux tendances : les participants considèrent l'Europe comme trop complexe et le coût initial à l'accès aux fonds européens décourage les porteurs de projets. 

Il y a « énormément de critiques qui fusent », certaines « très sévères », a indiqué Arnaud Magnier, secrétaire général des consultations citoyennes sur l'Europe au ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères, de passage à Bruxelles mercredi 26 septembre. 

Prudent sur les remontées d'informations tant que l'analyse scientifique poussée du Conseil national du débat public n'aura pas été rendue, il a fait part d'« une vraie exaspération massive sur le caractère allégué de la complexité du système de 'Bruxelles' ». Pour les gens, « c'est trop compliqué, donc ça ne marche pas ou ça cache quelque chose », a-t-il noté. Et d'ajouter : « On arrive vite à la question des valeurs et du sentiment citoyen. » 

Autre sujet de préoccupation, cette fois exprimée par des élus locaux et des patrons de petites entreprises : le montage de dossiers de demandes d'aide est « trop coûteux, donc, dissuasif ». Quant aux autres sujets d'actualité, tels que le défi migratoire, la protection de l'environnement ou la lutte contre l'évasion fiscale, ils reviennent de façon « équanime », a noté M. Magnier, pour qui, sur ces questions, « on entend 'plus d'Europe, mais mieux ou à condition que'...». 

Organisées depuis le printemps dans l'ensemble des États membres sauf le Royaume-Uni, à l'initiative du président français Emmanuel Macron, ces consultations visent à permettre aux citoyens de s'exprimer sur leur attente vis-à-vis de l'Europe. Une méthodologie commune a été élaborée pour faire vivre au maximum le débat. Notamment, une initiative locale qui ne serait qu'une conférence d'experts et ne prévoirait pas de véritable discussion entre les participants n'est pas labellisée par les autorités françaises. 

L'Europe à la barre. Participent pour la première fois des personnes qui ne sont pas habituées à débattre, telles que « des jeunes en réinsertion », a estimé M. Magnier. Mardi 16 octobre à la prison des Baumettes à Marseille, l'association Les Têtes de l'Art va instruire le procès à charge et à décharge de l'Europe et cette représentation théâtrale débouchera sur une réflexion des participants. 

« Le débat est obligatoire. Nous écoutons, nous faisons une restitution. Nous n'organisons pas », a indiqué M. Magnier. 

Alors que les consultations citoyennes pourront se prolonger jusqu'à fin 2018, les autorités françaises, elles, clôtureront leur labellisation fin octobre. Chaque État membre devra transmettre son rapport national à l'échelon européen d'ici au lundi 19 novembre en vue de l'élaboration d'un rapport conjoint par la Commission européenne. Ce rapport final servira de base aux discussions des leaders européens lors du sommet européen de mi-décembre. 

Autre question posée lors des débats : est-ce que cela sert à quelque chose ? « Nous verrons à l'issue du Conseil européen », a répondu M. Magnier. Il a rappelé que M. Macron, lors de son discours de la Sorbonne sur la refondation de l'Europe, avait évoqué la création d'« un groupe de la refondation européenne » regroupant les États volontaires et les institutions européennes et censé identifier « sans tabou » les pistes de réformes de l'Union européenne (EUROPE 11870). 

La Présidence roumaine du Conseil de l'UE du premier semestre 2019 serait aussi très attentive aux résultats du processus en cours, notamment en vue du sommet de Sibiu du 9 mai, où les Vingt-sept aborderont la campagne des élections européennes, le Brexit à peine consommé. (Mathieu Bion)

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